SŒUR MARCELINE, SŒUR HÉLÈNE
EULALIE DE TEYROC,
CHRISTINE DE TEYROC, puis THÉRÈSE
ANNE
Oui, mesdemoiselles, madame reçoit. Je vais la prévenir,
(Elle sort.) SŒUR MARCELINE, has à sœur Hélène.
Les demoiselles de Teyroc. Très riches! Des pestes! (S'adressant, très aimable.) Bonjour, mesdemoiselles...
LES TEYROC, braquant leurs face-à-main.
Tiens, les bonnes sœurs ! Quelle surprise ! SŒUR MARCELINE, présentant sœur Hélène.
Ma petite sœur Hélène !
SŒUR HÉLÈNE, avec zèle.
Pendant que ma sœur Marceline ira chez Mlle de Latour, je dois passer chez vous, mesdames, à l'heure du dîner.
EULALIE
C'est que... Nous n'y serons pas!
CHRISTINE
Nous dînons en ville I
SŒUR HÉLÈNE, indémontable.
Chez qui?
(Sœur Marceline, étouffant un rire, la tire par la man-che. Rentre Thérèse portant la boîte à phar macie. Bonjours. Serrements de mains.)
CHRISTINE, examinant Thérèse.
Quelle mine de papier mâché !
EULALIE
Vous avez des ennuis? (Apercevant la boîte.) Vous êtes blessée?
THÉRÈSE
Pas moi. La petite sœur Hélène.
CHRISTINE, penchée sur la boîte que Thérèse
a ouverte.
Eh bien ! je pense !.,. En voilà, de quoi l'empoisonner. Toutes ces fioles !.,, (Brusquement.) Tant que j'y pense... A propos I... Vous ne savez pas ce que l'on nous a dit, répété, depuis l'automne dernier?,..
THÉRÈSE, tout en pansant le doigt de la sœur Hélène. Je ne peux imaginer toutes les médisances du pays,
CHRISTINE
Que Jacques de Vaj'res...
THÉRÈSE, attentive.
Eh bien?
EULALIE, à mi-voix.
... S'était lentement empoisonné, par amour.
CHRISTINE
Un amour malheureux qu'il traînait depuis vingt ans...
THÉRÈSE, haussant les épaules.
Il est mort d'une fluxion de poitrine...
EÛLALIE
Ainsi ! Vous voyez comme le monde est méchant !
CHRISTINE
Et même que... enfin, cet enfant...
THÉRÈSE
Paul?
CHRISTINE
Oui. Que cet enfant... enfin, comment vous dirai-je? (Désignant les deux religieuses, un peu gênées.) Non. Pas devant elles... Tout un roman, ma chère !
THÉRÈSE
Je le crois !
(Thérèse a achevé la pansement, avec nervosité.) ...Au revoir, mes sœurs!
SŒUR HÉLÈNE
Merci encore, mademoiselle. O la jolie poupée ! LES TEYROC, Serrant les mains des religieuses.
Au trimestre prochain !
SŒUR MARCELINE, Vengeant ses pauvres.
Nous vous inviterons, ce soir-là, à dîner au couvent.
THÉRÈSE, aux religieuses.
Revenez ici le plus tôt possible. Il est si doux de soulager les malheureux. (Elle donne à la sœur Marceline de l'argcpd.)
SŒUR MARCELINE
Il est si rare de rencontrer un cœur comime le vôtre !... Ne vous dérangez pas, mademoiselle Thérèse !... (A mi-voix.) Et bon courage... Allez, la vie vous réserve encore de beaux jours !