SCÈNE IV THÉRÈSE, M. PASCAL
M. PASCAL
On dirait que je te fais peiir... Comment, Paul est déjà reparti?
THÉRÈSE
Il est reparti (Mouvement de M. Pascal.) ...sur mon ordre. D'ailleurs, je le reconnais maintenant, c'est moi qui avais tort.
Fais attention. Ta mère et moi, nous sommes habitués à tes brusqueries. Nous connaissons ton bon cœur. Mais \\n étranger pourrait en juger autrem.ent... De plus, les observations, les conseils, à l'âge de Paul et dans sa situation, ne doivent pas heurter, faire souffrir.
THÉRÈSE
Tu as raison. Je suis violente...
M. PASCAL
Tout de suite, les extrêmes, avec toi !... Je ne t'ai pas dit que tu étais violente. J'ai simplement voulu te faire comprendre qu'il fallait nous gagner, un peu différem.ment. l'affection de cet enfant, et qu'envers lui — encore un peu étranger parmi nous — plus qu'envers n'importe qui, la fermeté ne doit pas exclure la douceur.
THÉRÈSE
J'ai compris et je te remercie de tes conseils.
M. PASCAL
Pas plus que la douceur ne doit l'incliner à la mollesse, à la rêverie funeste...
THÉRÈSE
Comme tu parles avec justesse et bonté ! (Un temps.) Tu t'es donc bien attaché à cet enfant?
M. PASCAL
Dame ! Paul est pour moi un charmant compagnon.
THÉRÈSE
Tu l'aimes comme tu m'aimais, à son âge, autrefois. Moi aussi, tu m'entraînais, alors, dans tes longues promenades. Je revenais, le soir, avec les bouquets que m'avaient donnés les fermiers... (Un silence.)
M. PASCAL
Allons, dis-moi le motif de votre discussion de ce soir...
THÉRÈSE
Ce n'était rien... je t'assure.
M. PASCAL
Tu ne me feras pas croire ça...
THÉRÈSE
Laisse-moi... je...
M. PASCAL
A voir l'état dans lequel tu étais tout à l'heure. ..
dans lequel tu es encore maintenant... Qu'estce qui s'est passé?... J'ai le droit de le savoir! (Entre Mme Pascal. M. Pascal fait signe à Thérèse de se taire.) Ta mère 1
(Mme Pascal tient à la main soti sac à ouvrage et tout en tirant un tricot, elle se dirige vers un des fauteuils placés axiprès de la cheminée. Elle sent qu'on a fait le silence à son entrée et elle prend un air vexé.)