SCÈNE V THÉRÈSE, M. PASCAL, Mme PASCAL
Mine PASCAL, s'asseyant.
Vous avez l'air de conspirer.
M. PASCAL, faisant les cent pas au fond de la pièce^ Nous conspirons contre toi.
M™e PASCAL
Aimable !...
M. PASCAL
Tu vas travailler?
Mme PASCAL
Comme d'habitude après dîner, mon ami... T'y opposerais-tu, ce soir, par hasard?...
(Un silence. AI. Pascal va et vient de la porte au piano. Thérèse, après quelques secondes d'im^ mobilité, s'est assise dans un coin du salofi.) ^me PASCAL, tOllt à COUf.
Et Paul? (Pas de réponse.) A vous entendre, tout à l'heure, il était mort... La nouvelle n'est pas confirmée, je pense. Vous m'auriez sans doute avertie?...
M. PASCAL
Tu l'as, aussi bien que moi, entendu rentrer.
M""' PASCAL
Je ne dis plus rien... (Mais elle ajoute :) Il ne vous appartient pas plus qu'à moi, cet enfant !
(Silence. Promenade ds M ^Pascal.) j^me PASCAL, éclatant soudain.
Alors ! quoi !... Ça va recomm.encer?.,.
M. PASCAL, s'anêtant.
Qu'est-ce qui va recommencer?
M™e PASCAL
Cette vie !... (Vers Thérèse.) Les rêvassenes de Thérèse !... (Vers son mari.) Ta navette !... Mais cesse donc de marcher... ça me fait tourner la tête... C'est gai, ces veillées en famille... Dire que j'ai supporté ça pendant vingt ans, chaque soir que le bon Dieu a fait... On respirait un peu depuis que Paul était chez nous... Naturellement, ça ne pouvait pas durer... (Un temps. Appelant :) Thérèse ! (Thérèse se lève dans unmouvement d'humeur.) Où vas-tu?
M. PASCAL, à sa femme.
Tu l'assommes...
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Mme PASCAL
Je l'assomme !... (Elle se lève, brusquement. )^ Non, non, ma fille, reste ici... Je ne te gênerai pas plus longtemps... Continuez tous deux à comploter !.,. Bonsoir !
(D'un mouvement rageur, elle a refermé son sac à ouvrage. Elle sort, en faisant claquer la porte.)