SCÈNE V
M, PASCAL, Mme PASCAL, THÉRÈSE, PAUL DE VAYRES
THÉRÈSE
Entrez, Paul. On vous attend... Vos vêtements sont-ils secs? Avez-vous mangé un peu?
M. PASCAL
Ma fille a cru devoir vous demander de venir passer les premiers jours d'un deuil aussi cruel sous notre toit. Elle a bien fait.
PAUL
Je vous remercie, monsieur.
M. PASCAL
Vous êtes notre parent !... Peut-être, saviezvous déjà, ou peut-être Thérèse vous aura-t-elle raconté en route que des dissentiments — trop fréquents dans les familles ! — nous avaient séparés des vôtres depuis de longues années.
PAUL
Mon père me l'avait dit, monsieur, et il le déplorait.
^me PASCAL
Nous aussi.
M. PASCAL
En tout cas, si ma conduite, en vous recevant ici, n'était pas dictée par mon devoir de parenté, elle le serait sans doute par votre confiance touchante à notre égard. Vous avez tout de suite
accepté de venir chez nous, bien que vous ne nous connussiez pas... {avec intention :) que vous ne connussiez encore aucun de nous trois?...
PAUL
En effet. Mais mon père m'avait souvent parlé de vous et de ce pays..., ce pays qu'il adorait...
M. PASCAL
Il l'a auitté très jeune... Vous lui ressemblez fort...
jyjme PASCAL, à mi-voix, à son mari.
C'est vrai qu'il lui ressemble !... Il faudra que je recherche une vieille photographie, j'ai un album, au grenier...
M. PASCAL, à Paul.
Il faut vous reposer, maintenant. Demain, nous causerons plus amplement.
PAUL
J'aurai besoin de vos conseils, monsieur. J'ai hâte d'entreprendre une carrière.
M. PASCAL
Il le faut. Je vous aiderai... de toute mon expérience.
PAUL
Je vous en aurai une profonde gratitude. (Il lui serre la main.
Paul s'incline devant Mme Pascal.)
M. PASCAL, à sa femme. Viens-tu?... Allons, suis-moi !
M™e PASCAL, en s'en allant, à son mari. Elle lui donne la chambre bleue... comme ça... sans me consulter... (On l'entend qui dit encore, au moment de disparaître.) Il est gentil !