HISTOIRE DU PETIT MAURICE. S
— Comment faire? dit-il en pleurant; si je rentre dans cet état, je vais être grondé, puni, c'est certain. Sultan, voyant son hésitation, le tirait par sa blouse ; le brave chien ne comprenait qu'une chose, c'était d'éloigner au plus vite son petit maître de cette vilaine rivière où il avait manqué de se noyer. Maurice le comprit et se décida bientôt à se mettre en marche ; bien que le soleil fût très chaud à cette heure de la journée, il ne put cacher à ses parents les traces de cette escapade malheureuse. Non seulement il fut sévèrement réprimandé, mais on lui défendit expressément de sortir seul à l'avenir. C'est ainsi qu'il gâta par sa faute une partie de son séjour à la campagne. Pendant quelques jours, un gros rhume le retint même à la maison; bien heureux d'en être quitte à si bon marché.
— Et Sultan? demanda Alice.
— Sultan fut fêté, caressé, choyé par toute la famille, notre jeune garçon en particuher n'oublia jamais qu'il lui devait
la vie.
— Mère, si je tombais à l'eau, ajouta
il'^ilAI^^M^^'.
MADEiMOlSELLE POURQUOI,
notre questionneuse, crois-tu que Diane serait capable de me sauver aussi ?
— Certainement, mon enfant, Diane nous est très attachée, elle t'aime beaucoup ; pourtant je ne vois pas d'utilité à tenter cette épreuve, conclut en souriant la maman d'Alice.
, L'enfant prenait de plus en plus goût à ces récits, et souvent, si on l'eût écoutée, tout le temps de la leçon eût été employé ainsi ; mais avant tout il fallait lire et réciter convenablement. Il est vrai que ces histoires avaient presque toujours un but instructif ou moral, et donnaient lieu à une foule de questions dans le genre de celle-ci :
— Mère, je voudrais savoir d'où vient le nom de terre-neuve^ que l'on donne à l'espèce de chien dont tu viens de parler ?
— Ce nom leur vient, répondit M'"^ Monval, de l'endroit ou ils sont nés et élevés en grande quantité, pour être expédiés ensuite dans toutes les parties de l'Europe.
Prenant ensuite un traité géographique et historique de nos colonies, M'""" Monval