‹ Mademoiselle PourquoiChapitre 13 sur 32 · HISTOIRE DU PETIT MAURICE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU PETIT MAURICE

en lut à la fillette quelques pages, dont nous extrayons ce qui suit:

L'Ile de Terre-Neuve dépend de TAmérique septentrionale, et se trouve située vis-à-vis de l'embouchure du Saint-Laurent de façon à fermer presque le golfe oii se jette ce fleuve. Elle appartenait autrefois à la France, mais elle devint possession anglaise en 1713.

A une petite distance de cette île, se trouve une grande étendue de bas-fonds, appelée le banc de Terre-Neuve, c'est là que les pêcheurs de morue se rendent chaque année. La moindre habitation de l'île possède une douzaine de ces chiens; car ils sont pendant les longs hivers d'une grande ressource pour les naturels comme bêtes de trait.

Attelés par deux, par quatre ou par six, ils transportent ainsi des charges de bois ou autres objets, voiturent même les habitants sur la glace. On les emploie aussi pour la pêche du loup marin. Enfin ils sont l'objet d'un grand commerce, chaque jeune chien se vendant de 10 à 20 francs. Il y

a deux espèces de terre-neuve, les poils ras et les poils longs ; les premiers sont ceux que l'on estime le plus dans le pays, étant plus robustes, nageant mieux et plus longtemps. La fourrure épaisse des seconds les rend plus lourds parce que les glaçons s'attachent à leurs poils; mais 'pour l'exportation, c'est la seule espèce qui ait de la valeur.

Dans la saison de la pêche, les habitants nourrissent leurs chiens avec les débris des morues ; le reste de l'année, ils ne vivent que de maraude, c'est-à-dire des animaux dérobés par eux dans les pâturages. Quoique très forts et très voraces, ils sont peu redoutables pour l'homme.

C'est dans une espèce de cave, ménagée sous la maison, que l'habitant de l'île réunit sa meute; c'est de là qu'elle sort en grognant et en montrant les crocs aux passants. Mais il ne s'agit que de faire bonne contenance, lever un bâton, ou se baisser pour ramasser luie pierre ; tous ces chiens rentrent alors en grondant dans leur tanière.

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