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CHAPITRE XIII

Une promenade en bateau. — Dans les foins. — La fin des vacances.

Cette excursion laissa une bonne impression dans l'esprit des enfants. Cette demeure princière, avec ses souvenirs historiques, ses magnifiques pelouses, sa vaste forêt, tout cela fut pour eux pendant quelques jours un continuel sujet de conversation.

Un matin, une nouvelle partie vint changer le cours de leurs idées ; il s'agissait cette fois d'une promenade en bateau. Un parent de M''"" Lermont, grand amateur de canotage, qui avait une propriété située à une lieue de là environ, sur les bords de l'Oise, vint chercher la famille pour passer la journée chez lui.

On descendit jusqu'à la rivière; là, deux

UNE PROMEiNADE EN BATEAU.

canots, l'un monté par le maître, l'autre par le domestique, attendaient la société. On se partagea, M"^^ Lermont monta dans l'un avec Charles et la petite Rose, tandis que M'""^ Mon val, Alice et Jeanne prenaient place dans l'autre. Il y eut de part et d'autre des hésitations, des frayeurs, de petits cris, mais à la fin tout le monde se casa. Les deux rameurs levèrent en mesure leurs avirons, faisant retomber à la surface de l'eau une pluie de gouttelettes étincelantes comme des diamants et les barques glissèrent bientôt comme deux cygnes.

L'air était calme, dans les eaux tranquilles se reflétaient les cimes verdoyantes des peupliers qui bordaient la rive. De temps à autre, quelque vache curieuse montrait sa grosse tète au bord d'une prairie, faisant entendre un meuglement sonore, ou quelques jolis poissons argentés sautaient à la surface de l'eau.

Les fillettes jetaient alors un cri joyeux, Charles, plus hardi, se penchait comme pour saisir la carpe ou le brochet.

— Tenons-nous bien !.. que personne ne

MADEMOISELLE POURQUOL

boue:e !

iait alors la

du

VOIX au rameur.

— Pourquoi ne faut-il pas remuer lorsqu'on est en bateau ? demanda Alice.

— Mon enfant, répondit le parent de ]yjme Lermout, c'est que cela dérange l'équilibre de l'embarcation.

— Mais les avirons remuent bien, eux?

— Ceci c'est autre chose ; le mouvement produit par l'aviron, se faisant en mesure, et ne portant pas plus sur un bord que sur l'autre, maintient l'aplomb du canot, en même temps qu'il le fait avancer.

Ces premiers principes de la navigation, expliqués d'une façon aussi simple, furent compris par M'^^ Pourquoi; cependant, elle ne s'arrêta pas davantage sur cette question, car on arrivait à la propriété.

Le débarquement demanda les mêmes précautions que l'embarquement ; les fillettes furent assez dociles, mais Charles, en voulant y mettre trop de précipitation, manqua de faire chavirer le canot.

Dès que l'on fut sur la berge, les enfants se mirent à courir dans la prairie. Tout à coup, AUce revint toute effrayée vers sa

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