LES DEUX NIAIS SUBLIMBS
Hâtons -nous de prévenir notre lecteur : M. Guillaume n’est pas un des deux niais dont il est ici question.
11 y a, de par le monde, beaucoup de graine de niais répandue ; mais il est des niais de toutes les catégories. Ces belles eljj^téressantes variétés n’ont pas encore été classées. Ce serait cependant un travail des plus curieux et des plus utiles. On ne peut contester l’avantage que trouveraient une inimité d’individus à reconnaître à quelle espèce de niaiserie ils appartiennent. 11 est toujours consolant', je dirai même flatteur, d’être fixé sur son origine et d’avoir des documents certains sur sa famille. La niaiserie peut avoir ses titres de noblesse. Par une lignée bien exacte, bien définie, on pourrait remonter la chaîne généalogique et se prouver à soi-même de quelle souche on est le rameau. Bien des gens, sans s’en douter, descendent en ligne directe de quelque illustre niais et ne seraient pas fâchés de posséder la libation héraldique de leur parenté.
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Nous livrons l’idée de cette étude à une école des . Chartres quelconque ; peut-être ne sera-t-elle pas perdue.
Quand les deux nouveaux amis se trouvèrent dans la rue, M. Guillaume dit à son compagnon :
— Il me semble , monsieur , que vous avez encore grand appétit ; pour moi, je me contenterai du modeste dîner que je viens de faire.
— Je ne me sens plus la moindre faim, dit le voisin. Seulement, je ne réponds pas de ne pas souper à minuit. Or çà, monsieur, si nous entrions quelque- part pour terminer notre affaire?
On se dirigea du côté du Palais-Royal, et on entra dans un café célèbre. M. Guillaume prenait du café une fois par jour; son nouvel ami en eût pris du matin au soir.
Pour préambule à la conversation,'^ Guillaume sortit une seconde fois de sa poche /«n portefeuille, et il en relira le billet de banque qu'il n’avait montré queda profil.
— Voici, dit-il à son voisin, un enrouragement aux soins que vous prendrez.
Le voisin reçut le billet et le coula dans sa poche.
— Vous êtes, monsieur, dit-il à M. Guillaume, un parfait gentleman. Vous payez d’avance des services dont le succès est encore problématique.
— C’est un moyen presque assuré de les amener à bonne fin.
Placés en face l’un de l’autre à une table isolée, les
deux partenaires devaient enfin entrer en relations plus . intimes et échanger leurs noms et qualités.
— Monsieur, dit M. Guillaume, serait-il indiscret de vous demander avec qui j’ai eu l’honneur de faire connaissance ce soir? je me nomme Guillaume, je suis courtier, ainsi que je vous l’ai dit déjà.
— Moi, monsieur, reprit l’inconnu, j’appartiens à cette excentrique phalange sociale qui ne peut être classée facilement dans l’organisation civile, mais qui ne forme pas moins une fraction très-intéressante d’une nation civilisée ; je suis de ceux qui n’ont pas de profession, et qui, par cela même, sont disponibles pour toutes les positions. Si je ne vis pas de mes rentes, je vis du moins du produit de mon intelligence, de ma sagacité, de mon travail dans le sens le plus étendu de celte expression. Je rends des services; on peut disposer de moi, et compter sur moi. Mon nom vous paraîtra un peu singulier; il ne manque pas d’illustration, et s’il est justifié par une vie honorable , il n’est pas plus repoussant qu’un autre ; je me nomme le chevalier de Barabas.
’ — Eh ! dit M. Guillaume, voilà une noblesse qui ne manque pas de rouille sur son écusson. Vous êtes israélite, monsieur?
— Je suis chrétien, monsieur. Seulement, il me serait difficile de préciser ma nationalité, n’ayant jamais connu ma famille et n’ayant jamais su catégoriquement le nom du pays qui m’a vu naître. Vous me direz que j’ai cela de commun avec Homère, et d’autres grands hommes-
Cependant, rappelant mes souvenirs les plus éloignés, je puis constater que j’ai été élevé jusqu’à l’âge de douze ans à Corfou, dans la famille d’un honnête corsaire. A la fin de ma douzième année, mon patron me prit à bord de son brigantin, et j’appris sous lui, pendant deux ans, ce noble métier de corsaire, si longtemps décrié, et qui s’est éteint de la mort des braves. Les corsaires, monsieur, vous ne l’ignorez pas, ont été d’utiles et intré- * pides auxiliaires pour les gouvernements. Aujourd’hui, la vapeur a tué le véloce bâtiment de course, armé en guerre. A seize ans, je perdis mon patron, qui mourut d’un coup de fauconneau parti d’un méchant lougre, un voleur de mer que nous poursuivions. Le bâtiment fut vendu et l’équipage licencié. Je me trouvais alors à Alexandrie. Une caravane d’Européens et de musulmans partait pour la mer Rouge. Je m’enrôlai avec elle, et me voilà traversant l’Égypte. A Suez, nous trouvâmes un trois-mâts anglais qui appareillait pour les Indes orientales. Je fus reçu à bord en qualité de matelot, et j’arrivai trente-trois jours après à Calcutta. Dispensezmoi, monsieur, de vous conter aujourd’hui d’autres détails sur ma vie si pleine de pérégrinations, d’accidents, de vicissitudes, de joies imprévues et de chagrins impossibles à prévoir.
Quand je revis l’Europe, j’avais vingt-cinq ans. A cet âge, on est dans toute l’efflorescence de la vie, dans toute la force physique et morale de sa nature. Je me jetai à corps perdu dans des aventures inqualifiables et innarrables. A trente-cinq ans, je vins à Paris, qui seul vaut à mes yeux l’univers, et je résolus de ne quitter jamais
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cette belle et bonne ville hospitalière. Il y a deux ans que je l’habite, monsieur, et je crois pouvoir dire n’avoir bien compris et bien senti l’existence, la vie intellectuelle surtout, que dans ce noble Paris. J’aurais pu, j'aurais dû m'y enrichir vingt fois. Je ne l’ai pas fait; c’est un tort dont je tâcherai de me corriger. Voilà, monsieur. Je bojs à votre santé !
— .Maintenant, reprit M. Guillaume qui suivait une idée pas à pas, maintenant, je commence^ comprendre comment vous avez pu devenir maître d’une cassette si précieuse, celle dont vous me parliez.
— C’est aux Indes , c’est dans ces riches et voluptueuses campagnes des environs de Bombay que le hasard m’amena un jour, ou plutôt une nuit, près d’une maison en tlammes, pour sauver quelques malheureux Indiens; c’est au milieu des décombres fumants que je trouvai la cassette en question. A qui la restituer? Le maître de l’habitation était à trois cents lieues de là, et la maison incendiée était entourée de pillards ; race maudite de parias et de jongleurs qui courènt le pays, vivant de rapine et ravageant tout sur leur passage comme une lave brûlante. Ils avaient mis le feu probablement à la maison, les infâmes! Je vis donc la cassette tombée entre des tisons éteints. Je la pris et je l’emportai. Comme je m’embarquai huit jours après pour l’Europe, je n’eus pas même la pensée d’ouvrir le coffret, qui, du reste, me paraissait ne rien contenir qui ne fût très-léger. Je le plaçai parmi mes bagages. Arrivé à Paris, bien des années après, cette cassette indienne frappa un jour mes yeux, j’en forçai
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la serrure et j’y trouvai des papiers. Vous savez le reste,. . monsieur.
— Oui, dit M. Guillaume-, mais ce que je sais surtout et ce que je veux me persuader, c’est que vous aurezees papiers. C’est une affaire superbe pour mon patron.
— Je ne vous demande pas qûi est votre patron, reprit le chevalier de Barabas, parce que lorsqu’ on se livre «i l’exploitation de certaines affaires que nous ne qualifierons pas ici, on tient à conserver le plus strictincognito.
— C’est juste, reprit Guillaume, vous ne saurez son nom qu’a près avoir touché la prime promise, les cent mille francs... Oh! alors, il pourra se faire connaître ensûreté, il pourra compter sur votre discrétion.
— Parce que j’aurai reçu son argent. Ah ! c’est humiliant, mais cela est ainsi. L’intérêt est le grand principe de cette époque. Voulez-vous vous assurer de la fidélité de quelqu’un t mettez-lui de l’argent dans la main. Voulez-vous acheter le silence? posez des billets de banque sur la bouche du bavard ou du traître qui pourrait vous perdre.
— Monsieur, dit Guillaume, il est de très-grandes exceptions ; l’intérêt n’est pas la loi , la seule loi de notre époque.
— Conservez bien cette vertueuse opinion, dit le chevalier. En attendant, voyez la transformation que votre billet de cinq cents francs vient d’opérer sur moi : me voilà plein de gaieté, ravi du présent, tranquille sur
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l’avenir et dévoué à vos intérêts. Eh bien, avant dîner,, je n’aurais pas fait six cents pas dans la rue pour vous, monsieur. Je le répète , je suis doué cependant d'une certaine dose de sentiments généreux, et j’ai le cœur haut placé. Allons donc! l’argent est aujourd’hui unepuissance énorme.
— C’est triste, dit M. Guillaume.
— Du reste, reprit le chevalier, si notre époque a ses vices, celles qui l’ont précédée n’étaient pas d’une plus haute moralité. L’humanité se perpétue la même, sousdes costumes différents. Les grands corrompus des âges passés ne désavoueraient pas leurs héritiers de ce temps" ci. L’amour de l’or date du jour où l’ambition, l’orgueil, la passion des jouissances vinrent <i éclore dans le cœur humain.
— Vous raisonnez en philosophe, ajouta Guillaume.
— Et je vis en Sybarite , quand j’ai de l’argent , dit le chevalier. Or çà, reprit-il, il me semble que nous pourrions dépenser notre temps et notre argent plus agréablement. J’ai, ce soir, des distincts effroyables qui m’emportent dans la région des excentricités. Vous suivrez ma fortune, n’est-ce pas, monsieur Guillaume ?
— 11 me semble que ma tenue, mon âge...
— Il n’y a pas d’âge; il y a des santés. Quant à votre tenue , elle est celle d’un honnête homme. Je vous mène ce soir au Pré-Catelan, monsieur Guillaume ; nous allons nous donner, ce soir, des plaisirs de cardinaux. Vous ne connaissez pas le Pré-Catelan ?
— Non, dit Guillaume. Ce doit être un singulier pré,, puisque j’entends dire qu’il y a foule la nuit.
— Ce Pré ne vous rappellera pas une églogue de Virgile, bien qu’il soit fréquenté par les plus belles Amaryllis. Mais, tenez , ajouta le chevalier en désignant un jeune homme qui se disposait à sortir du café et d’une tenue fort élégante, tenez, monsieur Guillaume, voici un des plus assidus Tilyres du Pré- Catelan. 11 vous en donnera des nouvelles.
Le chevalier adressa un salut à celui qu’il avait désigné. L’inconnu répondit par un salut presque amical et s’approcha .des deux convives. C’était un jeune homme de vingt-deux ans environ , d’une figure distinguée , de taille moyenne, mince, bien fait, un peu pâle et n’ayant pas l’air Irop impertinent. Le chevalier lui tendit la main et le présenta à M. Guillaume.
— M. Delaunay, dit-il, un jeune homme de beaucoup de talent.
— Merci, répondit M. Delaunay. Voilà un certificat de capacité qui pourra me servir.
— Allons, monsieur, reprit le chevalier, trêveà la modestie et chassez un peu cette^mauvaise conseillère à l’époque où nous sommes. Vous avez du talent, donnezvous du génie. Vous vous ferez de nombreux ennemis çt cinquante mille francs de rente. — Monsieur, ajoutat-il en s’adressant à M. Guillaume, si j’étais poète comme M. Delaunay , j’aurais le droit de cravacher tous les libraires de Paris, et je ne me priverais pas de celte jouissance. Les drôles n’ont encore rien imprimé de ce poètelà qui en vaut quatre des meilleurs de notre temps.
— Ah! monsieur, dit Delaunay en voulant se retirer, vous me forcez à prendre congé de vous.
— Du tout, vous resterez ; d’autant plus que je suis sûr que vous devez aller où nousirons ce soir. N’allezvous pas au Pré-Catelan?
— Certainement!
-Voyez-vous? Je l’aurais parié. Ah! poète, nous en tenons donc toujours?
— Toujours ! dit Delaunay.
— Nous vous mettrons au courant, monsieur Guillaume, ajouta le chevalier. En attendant, buvons un dernier verre de punch et partons. Garçon, ajouta-t-il, qu’on aille me chercher la meilleure voiture de remise du' quartier et qu’elle m’attende à la porte. Vous direz au cocher que c’est moi qui le prends à mes gages, cette nuit.
Le carrosse de monsieur le chevalier ne tarda pas à arriver. M. Guillaume, comprenant instinctivement qu’il y avait pour lui un intérêt caché à accepter l’invitation, se décida à suivre son excentrique compagnon, qui offrit une place à M. Delaunay. La voiture était bien choisie : c’était une petite calèche à quatre places et traînée par un vigoureux cheval. Le chevalier vit d’un coup d’œil que ce cheval avait dû être un superbe carrossier dans son temps, et il fit au garçon de café un compliment extravagant sur ses connaissances hippiques, qui l’avaient si bien servi dans le choix du carrosse. 11 confirma ses éloges par un pourboire fort honnête, ce qui lui valut des remercîments accompagnés du titre de comte; avec deux francs de plus, la servante l’eût qualifié de duc.
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On partit gaiement pour les Champs-Élyséesetle Bois. 11 était près de dix heures. La fête de nuit devait se prolonger jusqu’à une heure du matin. Jamais plus beau temps n’avait favorisé une fête : l’air était calme et juste assez frais pour ne pas effaroucher les toilettes d’été. Par une exception assez rare, les feuillages conservaient encore tout le luxe de leur verdure, bien que l’on touchât aux derniers jours de septembre.
— C’est un temps fait tout exprès pour nous, dit le chevalier. 11 y aura ce soir au Pré l’élite de la société de l’Europe ; elle y sera, ajouta-t-il en s’adressant au poète.
— Eh f monsieur, dit Delaunay, vous me croyez donc bien épris?
— Je vous crois pris, répondit le chevalier. Cette fois, c’est le bel oiseau qui tient en cage l’oiseleur. C’est de la démence, mon excellent poêle.
M. Guillaume s’était blotti dans le fond de la calèche et il observait ses deux nouveaux compagnons; rencontre fortuite, connaissance improvisée, amitié peutêtre au début ; l’indifférence probablement et l’oubli après la séparation, telles étaient les alternatives diverses qui donnaient beaucoup à réfléchir à M. Guillaume.
— Me voilà, se disait-il en lui-même, dans la compagnie de deux singuliers personnages, que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam. Le chevalier de Barabas est encore pour moi un être sinon inexplicable, du moins inexpliqué. Sa vie Put déplorable certainement, sa moralité est fort équivoque. 11 peut avoir été affilié à des aventuriers de la pire espèce. Rien de surprenant que ce
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gaillard-là ait eu de fâcheux démêlés avec la justice; certainement on a toutes les raisons possibles de se délier de lui... Je crois cependant que cette nature viciée n’est pas essentiellement vicieuse, et je ne serais pas étonné que M. de Barabas cherchât à racheter son passé cl eût un retour vers une meilleure vie, si des circonstances heureuses se présentaient. C’est un viveur ; il manque d’argent; il en est aux expédients voisins de l’escroquerie. Mais, qui sait? assurez à cet homme, fatigué du vice, une existence calme, à l’abri du besoin ; donnez-lui un peu d’aisance pour le reste de ses jours, qui sait? cet homme ne demandera peut-être pas mieux que de devenir un honnête converti. En attendant, il est important que j’accepte ses services, puisque la Providence l’a amené sur mon chemin. Quelle rencontre extraordinaire! dix ans de date, à quatre mille lieues de distance, me retrouver en face de l’homme qui sauva de l'incendie une cassette si précieuse, que jamais je n’en avouerai la perte à personne, tant ce qu’elle contient est nécessaire à établir des droits... Mais, grand Dieu! celte cassette est entre les mains d’un coquin fieffé et d’une habileté extraordinaire! Barabas parviendra-t-il à l’enlever? Il paraît ne pas douter du succès. Espérons!
Mon autre compagnon de voyage est une nature délicate, sensible et forte à la fois; il est jeune, enthousiaste ; son regard est animé de l’étincelle du génie; c’est un artiste et un poète, c’est un fou aux yeux delà foule. Avec les plus brillantes facultés du monde, il se perdra probablement. Deux dangers terribles le mona-
cent : le filet de soie d’une libertine séduisante et le lacet suicide de la ruine évoquant la misère. Ce soir» ce qui est à craindre pour lui, c’est le piège d’une femme, car je vois bien que ce poete est sous l’empire de quelque fascination.
Son regard indique une passion, sa voix a le timbre de la fièvre et son altitude est incertaine, comme celle d’un homme à demi enivré d’un vin trop capiteux.
Mais, bail! reprit M. Guillaume, de quoi vais-je m’occuper! Que chacun mène sa vie comme il l’entend; j’ai bien assez de mes préoccupations, sans aller me mêler de ce qui m’est étranger. Que m’importe après tout de me trouver, pour quelques heures, en compagnie de ces deux niais sublimes?
— Monsieur, dit le chevalier à M. Guillaume, il serait temps de vous réveiller. Nous approchions du Pré, et vous devez apercevoir d’ici les innombrables lucioli dont il étincelle. Deux cent mille lanternes de cristal et un demi-million de pierreries qui scintillent dans l’herbe et les fleurs. Voilà notre ami le poete dont le cœur bat la campagne. Vous saurez pour qui. Voici des bouffées d’harmonie que la brise nous apporte. — Cocher, descendez- nous près de la grande grille et allez vous ranger à la file, mon garçon. Si vous avez soif, voilà cent sous pour boire à ma santé.
Le chevalier parlait ainsi et la voiture s’arrêtait à six pas du tourniquet. M. Guillaume descendit d’un pied leste; le poète, secouant sa rêverie, jeta son écu sur la tablette des contrôleurs. Les trois compagnons
dépassèrent la grille et se trouvèrent dans l’allée des grands vases de marbre africain aux flancs lumineux.