‹ Madrid, ou, Observations sur les moeurs et usages des Espagnols au commencement du XIXe siècle, faisant suite à la Collection des moeurs françaises, anglaises, italiennes, etc (volume 2)Chapitre 13 sur 48 · LE COMBAT DE TAUREAUX · texte numérisé non relu

LE COMBAT DE TAUREAUX

IVifâlnoyum , tùAi/ varium^ nihil qmod nûn semel tpeettuse smjfeitn

C*e«l un sr«cl«crc qui n*a rien de Tarie, et qu'il suffit de roir nne seule fois.

Pimi le jenae.

Du côté de la p^e d'Alcala , un lundi ( 4 août 1823 ) , à cinq heures du scrir , la poussière s'élevait sous^ les pas de la fouk qui se hâtait , et sous le trot des niules qui trsdnent les cabriolets de place. Ces fiacres , qui contiennent denx personnes, et que mène le cocher, assis sur Tuil des brancards , se dirigeaient , avec un grand nombre d'équipages plus brillans , vers le cirque où se donne le combat de taureaux. Les hommes du peuple , la tête couverte d'un

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mouchoir , la veste jetée sur l'épaule , le bâton à la main , hâtaient la marche de leurs iemmes et de leurs en&ns ; car ils ¥Oulaient être là pour siffler Talguasil , quand iLvient avec le bourreau , au milieu de la carrière , donner lecture des ordonnances faites à l'occasion de ces divertissemens , et des freines portées contre ceux qui les enfreindraient ; ils voulaient voir aussi tous les combattans s'incliner devant la loge du corrégidor , et ce magistrat donner aux premiers te* nans le signal du combat en leur jetant la clé qui doit ouvrir la carrière au taureau.

« Pauvre Pedritio ! disait une femme en marchant à c6té d'un homme qui se plaignait d'être en retard. »

<c II pleure , répondit l'homme ; demain il n'y pensera plus! »

(r II eût été si aise de voir la course , et d'y porter la petite veste rayée et ce ruban des alliés qu'hier j'ai attaché à son chapeau. **

«( Il ira quand Ferdinand , que Dieu garde , reviendra à Madrid. »

« Ouï ; nous aurons peut-^tre plus d'argent alors... Thomasillp , sais-tu que nous allons dé-

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penser tout le produit de mon travail de la semaine... ? »

«c Et nons n'aurens qu'une place au soleil , dit l'homme en s'arrétant. »

« Si nous retournions aupsès de notre enfant , dit la femme... Viens , ami , ajouta-t-elle en prenant le bras de son mari. Quand la *firaiclieur sera venue , nous nous assiérons tous à la porte ; tu nous chanteras avec ta guitare le Testament de la constitution , et Pedrillo, consolé , dansera avec ses castagnettes. La soirée sera agréable ainsi , et demain je pourrai payer... »

Us étaient arrivés à la porte d' Alcala. De là , on aperçoit le» cirque. Les deux premiers picadons à cheval , avec leurs grands chapeaux blancs ornés d'une touffe de rubans , leurs vestes richement brodées , et leurs longues lances entraient dans ce moment; Le peuple les suivait en les nommant et en vantant leur adresse. Cette vue , 4:es discours firent cesser l'hésitation de ThomasUlo. Le goût espagnol pour cette sorte de combats se réveilla si vivement chez lui , qu'il se précipita vers la porte. Sa femme le suivit.

Elle soupira , et s'anrêta un instant sur le seuil pour regarder de pauvres enfans qui se pressent

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