UN DINER D£ BEAUX- ESPRITS
peut , avec tant d'ayantage, enrichir ses compositions. L'autre m'avait entendu, et cet éloge que )e £ùsais de rhistoirc d'Espagne fiit une espèce d'injure pour lui. Il prit la parole , et essaya de jious prouver qu'il n'y avait rien de si peu poétique que les fastes de sa patrie, que les crimes et les sottises y abondaient, mab qu'en revanche on n'y trouvait rien d'héroïque. On vint à parler de Madrid : Madrid était , selon lui , une ville ennuyeuse qui ne valait pas Bayonne. On me de-^ manda si y étais allé à l'Escurial.. « Et pourquoi? s'écria-t-il , pour voir un gauche bâtiment de caserne, perdu au milieu du plus affreux désert ! »
Tout le dîner se passa en propos de ce genre, qui furent applaudis et répétés par tous les convives. Je ne savais que dire... Il eût été curieux pourtant de voir un étranger prendre en main te parti de l'Espagne et des Espagnols contre des Espagnols... ! Je trouvai qu'il serait plus honnête de ne les point contredire , et , d'ailleurs, les discussions me font peur, surtout avec des gens aussi décidés que ceux-là à rester dans leur tort.
On se leva. « Hiam impendert çero, vint me dire à Toreille le diglie amphytrion de ces mes-
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sieois ; comment trouvez-vous qu'ils traitent nos compatriotes... ? Nous les aimons dans le fond. — A qui le dites-vous , liù répondis-je ; ne connaissons-nous pas les deux cadeaux qae vous vouliez leur fâiie...? » Et je sortis.
I g8 LA FILEtTSE DES aUINES.
N® XX. — lo octobre 1823.