‹ Madrid, ou, Observations sur les moeurs et usages des Espagnols au commencement du XIXe siècle, faisant suite à la Collection des moeurs françaises, anglaises, italiennes, etc (volume 2)Chapitre 32 sur 48 · LA FILEUSE DES BUINES. 20I · texte numérisé non relu

LA FILEUSE DES BUINES. 20I

de sa famille. « Quand Tieiment les orages et les vents d'automne , me dit-^Ue, il n'y a point de nuit que je iTentende crier notre demeure. Je tremble alors parce que ma mère est là , car pour moi... J'ai fait des réyes quelquefois... sur le penchant d'un abîme... je tombe ayec la poignée d'herbes que je tenais pour m'en tirer ; je roule sans que la branche de l'arbuste, sans que la ronce s'arrêtent dans mes cheveux ou mes vétemens... , et je vob arriver sans eilroi les pointes des rocs et les pierres qui attendent pour meurtrir et déchirer ma tête et mes bras !... Il faudrait que ma mère s'en allât pour une nuit..* je suis bien sûre alors que ce ne serait plus .un rêve ; mais je veux vous montrer l'endroit où il faudrait tomber pour bien faire ! Penchez-vous, sur l'abîme en vous tenant , comme moi , aux lierres des vieux murs... » Je la retins par le bras ; elle sourit encore. Elle me montra en bas une petite croix plantée sur des. terres amoncelées... Je vis de suite ce que c'était Elle me raconta son histoire. Elle était folle, et le désordre de son récit fit sur moi uaeffet que je dois«désespérer de faire pswtager à mes lecteurs.

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Elle me padià d'une petite mabon blanche qui s'appuyait sur le rocher^ et que le voyageur regardait arec complaisance en passant , à cause de ses contrevens verts et de sa haie de chèvrefeuille* Elle me. dit qu'il y avait là tn berceau où souvent Jutiien lui avait dit qu'un jour il l'épouserait , et qu'il serait bien malheureux si Marie un jour était la femme d'un autre. Je sus que ce Julien qu'elle écoutait avec plaisir était parti pour l'armée ^ qn'U était resté long-tems , bien long-tems sans donner de ses nouvelles, et qu'un autre... c'était sa mère qui l'avait voulu! « Les noces furent tristes, dit-t-elle, et pourtant Robert m'aimait tant ! ... Moi-même j'étais tout émue de ses soins, et cependant ce n^était plusce frisson qui me courait par tout le corps quand l'autre me prenait la main , et que nous gravissons le sentier des ruines , et qu'il me disait ; Marie , vois-tu lé rocher qui pend avec ses ronces et ses sureaux ? sais-tu quand il tombera sur la maison de ton père? c^est quand tu auras dit : Je ne serai pmnt la femme de Julien. Quand le soir de mes noces fut venu avec le vent si triste qui secoue les grands chênes, dans les bois, pour faire tom--

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