LA FILEUSE DES RUINES. ^O
ber leurs dernières feuOIes^ on irapp» à la porte..v Deux soldats venaioit chereher leur logement chez nous. Il y en avait un qui ne quitta point le bonnet couvrant ses yeux d'un poil long et iaair' bant... Dam un coin , sombre et silencieux ^ i! refusa de prendre part à la fête des épousailles ; car mon père les avait invités, avec cor^alité, à s'égayer à la noce de sa fille Marie... Je le vois encore debout , à moitié caché par les rideaux du lit près duquel il se tenait ; il allongeait ^ tête comme hors d'un linceul , et* me regardait... Je tremblais , car on m'avait dit aux veillées que la figure des morts venait quelquefois se placer devant les yeux de celle qui se marie avec le sour venir d'un premier amour. Je me baissai à l'oreille de ma mère... C'est lui , dis-je tout bas... mère, c'est Julien ! Nous sortîmes pour aller prévenir son père : il serait de suite venu le chercher i car ma mère, craignait qu'il ne cherchât querelle à Robert. Le vent était aussi fort que maintenant, la nuit était sombre aussi.... Je n'ai plus reti;ouvé la maison , mon père , Robert , l'autre non plus... Tout est là... sous ces terres, sous cette croix, et demain peut-être... »»
2o4 l'A. FILEUSE DES RUINES.
. La mire parut. Marie parut Uicliée de la re- TtHT... « Ce ne sera pas pour cette nuit , dit-elle en secouant la tête, et en arrêtant son fuseau. »
Et moi , rentré dans mon logement , je me suis souvent révdUé dans la nuit... Je croyiùs estendre, au milieu du vent , le bmit d'un lointan écroulement.
Le lendemain , en qmttant l'étape, je passai devant la croix ; tout était comme la veille : une femme étaitencore penchée suil'abiine... c'était la fileose des ruinesT
L^TELIER DU PEIllTRE. 2o5
N^ XXI. — ïS octobre 1823.
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