‹ Madrid, ou, Observations sur les moeurs et usages des Espagnols au commencement du XIXe siècle, faisant suite à la Collection des moeurs françaises, anglaises, italiennes, etc (volume 2)Chapitre 42 sur 48 · J2 LA PIPE · texte numérisé non relu

J2 LA PIPE

sera venue Ne fais pas Tenfant) dit-il i la

pauvre fille qui le regardait en pleurant, et souviens-toi de ce que je dis à Françoeur, Marianne... !

. » Qu'il repose en [laix là-bas... Deux jours après, je revins auprès de Marianne... On s'était battu toute la^ journée... Je pleurais. Et mon pèrel dit-elle. Elle pleura aussi ;.et moi , poui. toute réponse, je tirai la pipe de ma poche... !

» Mais bah ! voilà tout ce que je gardai de l'héritage* Son cœur n'était plus à elle... elle me fit cet aveu en pleurante Je lui dis de le laisser où elle l'avait mis , e| de faire de la cantine ce qu'elle voudrait... Un tambour s'arrangea de tout ça. Je l'aimais pourtant ; mais le sentiment , comme dit la romance, passe avant tout. Ça fit que je renonçai au petit verre. J'avais pourtant mes entrées libres au bouchon ; mais de la voir près d'un autre , ça me détruisait le bien qu'aui:ait pu me faire la goutte d'eau-de-vie de l'amitié.

» J'en filmai davantage, et cependant , en fumant , je pensais encore. à Marianne; mais je pensais aussi à son père , et je me consolais , parce qu'il me semblait que ^rin-d' Amour, de là-haut, était content de ce que j'avais fait... Sa

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fille était heureuse et ses affaires allaient bien..* Breloque était un joli garçon , un bon enfant ; elle Taimait enfin ^ et... suffit.

» Après avoir sauvé deux fois rétablissement des attaques des Arabes du désert , je les quittai Ils restèrent là-bas ; moi je revins avec

r autre, . . et je me souviens que j'allumai ma pipe dans la galerie de Saint-Cloud avec une proclamation ou un décret de ces braves qui sautèrent si bien en voyant nos baïonnettes.

» Ça n'est pas tout, et depuis ce jour, où n'ai-je pas porté ma pipe,., ! Elle connaît le goût de tous les tabacs de l'Europe ; et plus d'une fois, en faction à la porte d'une simple baraque, non loin d'un cbamp de bataille de Prusse ou d'Autriche, j'ai demandé, par politesse, à des princes, à des rois qui attendaient dehors le moment d'être introduits , si sa fumée ne les gênait pas.,. !

» Je le vis une nuit, près du feu du bivouac... J'étais encore en faction... Il sifflait en poussant les tisons avec sa botte... ou regardait une carte développée devant lui sur un tambour. Il ne voulait pas dormir , et il n'y avait plus de tabac dans

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