‹ Madrid, ou, Observations sur les moeurs et usages des Espagnols au commencement du XIXe siècle, faisant suite à la Collection des moeurs françaises, anglaises, italiennes, etcChapitre 15 sur 53 · A CINQ HEURES DU MATIN · texte numérisé non relu

A CINQ HEURES DU MATIN

générale et bruyante Le promeneur a trouvé

sur ces bords de la fraîcheur, grâces aux grands

; arbres qui les garnissent. Quant au silence ,

il y a tant de femmes , qu'il fera bien de le chercher ailleurs.

Ce sont aussi des femmes qui se cachent dans ! ces cabinets qui, plus loinr bordent la rivière. I Des nattes de paille ou quatre tapisseries for- I ment leur extérieur : ce sont des bains. Le Man- I çanarès , très-peu profond en été , coule sur un f sable très-doux et très-fin. On creuse dans son lit , élargi pendant le tems des chaleurs , des trous assez profonds ; on y fait passer son eau | diminuée , et ce sont là les baignoires où les I jeunes belles de Madrid viennent rafraîchir leurs \ attraits. Les voilà qui , plus fraîches et plus I riantes , et cachant , sous des mouchoirs noués ^négligemment, leurs cheveux noirs encore hu- 1 mides , reprennent le chemin de la maison. Imii tons-les ! ce n'est plus le matin : le soleil est déjà • ardent. Nous trouverons les rues désertes : voici I l'heure de la sieste,

i38 LES NUITS D'ESPAGNE.

N° xv. — i5 septembre 1823.

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