LES NUITS D ESPAGNE
» As-tu ouï raconter l'histoire de celles qui aimèrent quand l'ennemi vint ravager notre patrie? Elles étaient bien malheureuses d'aimer un ennemi de leur Dieu , de leur roi ! L'une d'elles, et ce ne fut pas la seule, quitta la maison de son père, et elle ne se retourna pas pour voir la fenêtre de la chambre où , plus jeune , elle dormait à côté de son frère ! elle traîna ses pas le long des grandes routes , le long des routes sablonneuses où il n'y a pas d'ombre quand le soleil brûle ; elle suivit le Français dans ces longues plaines de l'Andalousie où jamais on n'est arrêté par le doux bruit d'une source ; elle s'égara avec lui dans les détours de ces montagnes arides où les guérillas attendaient près de leurs carabines qui frappent à coup sûr ; elle le suivit jusqu'au jour où , en revenant , elle ne retrouva plus dans son village le toit de son père et la chambre où , enfant , elle dormait à côté de son frère... Il y avait des ruines, une croix noire tout auprès ! presque folle , elle s'y reposa , et le lendemain l'étranger partit sans elle ; car après qu'une balle eut sifflé près de la croix , la veille, un Espagnol , en s'éloignant parmi les rochers
ï44 LES NUITS D'ESPAGNE, qui protégeaient sa fuite , criait : •« Malheur à celle qui choisit un époux parmi ceux qui ont tué son père ! son frère , s'il le faut , la tuera ! »
» Vous , vous n'avez point tué nos pères ; vous les avez délivrés , et nos frères combattent à vos côtés ; mais je ne quitterai point ma patrie., et je ne verrai jamais les pays que tu vantes... Tu partiras pourtant! va ! le soleil est beau , le soir, sur les hautes murailles du couvent voisin , et des hymnes pleins de douceur s'élèvent de son enclos béni! c'est là que fleurissent les roses du Seigneur ; c'est là qu'on pardonne à celles qui ont aimé , et qu'on ne leur défend pas de prier pour l'absent. Qui sait... ? quand votre tâche sera remplie , quand vos trompettes sonneront l'air d'adieu , une religieuse , une nouvelle religieuse soupirera peut-être dans ses longs voiles blancs , au bruit lointain du départ , au bruit parvenu , en mourant , dans les solitudes du cloître ! »
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n° xvi. — 20 septembre 1823.
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Cette tribu errante , semblable à celle des Arabes vagabonds, va sans cesse courant de place en place
Je ne sais trop vraiment ce que j'avais à repondre à madame de B***, qui dans une de ses dernières lettres m'a demandé si l'Espagne est un pays romantique. Il a d'abord fallu la prier de m'apprendre ce qu'elle entend par ce mot. « Comment, m'a-t-elle répondu, vous qui connaissez mon opinion en littérature , ne pouvezvous voir d'ici ce que je veux dire ? » Cet embarras de définition m'a fait voir que mon ai- 1. 7
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mable correspondante n'entendait point parler des sites du pays que j habite dans ce moment ; elle voulait savoir si l'effet qu'il produit par les mœurs, les costumes, le langage, les croyances de ses habitans a ce vague, ce triste, ce mystérieux , ce passionné que Ton a introduit bien ou mal à propos dans notre littérature, et qu'on est convenu de nommer romantique; et d'après cela, je lui ai répondu : « Non , Madame. Le midi est essentiellement classique : on voit trop clair sous son beau ciel ; les contours sont trop arrêtés pour songer au vaporeux. Le dieu de l'ancienne école est le dieu du jour ; il poursuit impitoyablement ici les partisans du sombre, et ne leur laisse pas un nuage pour y loger des ombres, et pas un brouillard pour servir de voile et de prétexte à la muse rêveuse. On cherche si ses joyeux rayons éclairent encore quelques-unes de ces figures immortalisées par le pinceau de Cervantes et de Quevedo , et l'on ne songe nullement à jeter dans son imagination une tristesse , un vague , puisqu'il faut toujours en revenir à ce mot , que la nature ne connaît point ici. On parle , à tout propos, de l'influence de la société et de ses révolutions sur les compositions de l'esprit; je crois
que le climat aussi exerce sur elles un pouvoir
dont on peut prendre acte C'est une arme de
plus à opposer aux hommes qui veulent voir régner exclusivement , dans nos pays un peu sombres , une littérature née sous le ciel riant de la Grèce et de l'Italie. Les sentimens religieux , dans l'école nouvelle, ne sont vraiment dignes de son nom que lorsqu'ils sont mêlés à quelque chose d'humain , et combattus par une passion que Ton devine dans les accens de la prière et jusqu'aux pieds des autels : en Espagne , la religion triomphe sans obstacles , et n'admet ni doutes ni partage. La langue y est trop hère aussi pour servir d'interprète aux rêveries étranges dont se nourrit un romantique. Ce sont des mots brillans , riches , sonores ; il n'y a point là à produire de l'effet avec des expressions triviales et inattendues Que vous le vouliez ou
non , il faut être uniformément pompeux ; et vous savez que ce n'est guère le ton qui convient à votre protégée. Les croyances populaires sont même ici dépourvues de ce charme qu'elle recherche. Elle n'y trouverait point ce qui lui plaît dans ce genre, les traces d'un autre culte conservées au milieu de notre religion , et quel-
quefois sanctifiées par elles., enfin que vous dirai-je? Toute la crédulité des Espagnols a été si bien employée par les prêtres et les moines, qu'il ne leur en est plus resté pour ces récits de fées, de revenans et de lutins dont votre muse fait si bien son profit. Leurs auteurs ont fait peu de cas des règles que l'antiquité nous a léguées. Leur Melpomène, par exemple, est sans frein ; mais on reconnaît encore dans ces écarts, ces dehors prononcés , cette allure brillante et pompeuse imposée par le climat qu'elle habite, et le caractère du peuple qu'elle est appelée à intéresser. C'est une muse libre du joug consacré, mais elle n'a du genre dont nous parlons que l'indépendance, et je connais telle tragédie française qui , faite d'après toutes les règles d'Âristote , est mille fois plus romantique que tous les drames de Madrid. C'est surtout par ses romances dont elle est si fière , par ses romances qui sont vraiment ce qu'on peut appeler la poésie nationale , qu'il est aisé de voir que l'Espagne n'est point romantique. Les plus belles de ces poésies* sont con-
* Presque toutes les romances , en Espagne , sont historiques. II y en a aussi d'invention , mais elles sont
sacrées à des coups de lance et d'épée : ce sont des fragmens de poëme épique ; vous êtes surpris par leurs accens nobles et héroïques; mais vous n'y trouverez rien de ces tons qui vous captivent , sans trop savoir pourquoi \ dans ces longues ballades que nos villageoises chantent auprès du foyer de la ferme et dans ces rondes qu'elles dansent dans les granges aux jours delà moisson , et dans les prés ou elles ont fané l'herbe. »
Et cependant, après avoir cité ce passage, je vais , pour ainsi dire , condamner l'opinion qu'il renferme , en parlant d'une rencontre que l'on fait quelquefois dans les montagnes de ce pays , et qui a toute la couleur du genre dont nous nous occupions. Nouvelle preuve qu'il n'y a point de règle sans exception ; d'ailleurs cette errante tribu dont je vais m'occuper ne se trouve pas seulement en Espagne... ; la Hongrie les connaît sous
toutes semblables aux premières. Ce sont des événemens très-positifs , des faits d'armes tres-croyables , où Ton ne voit de fabuleux que les noms de leurs héros. J'en ai trouvé cependant quelques-unes consacrées aux fictions dont se nourrit ce genre de poésie , comme nous l'entendons. De ce nombre est le morceau dont nous avons inséré dans ce recueil une imitation , pag. 87.
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le nom de Cziganis ; l'Angleterre les appelle Egyptiens; en i8o4> ils habitaient encore entre les Pyrénées et Bayonne , sous le nom de Bohémiens ; ce sont les Zingari d'Italie, et ios Gitanos , n'étant pas plus Espagnols que Hongrois , Anglais ou Italiens , ne me feront point , quoique Xrhs-romanfiques , changer l'idée que j'ai développée dans une lettre à madame de B***.
Ce sont des hommes , des femmes . des enfans qui n'ont point de patrie , de foyers, d'autels , de lois. Us ne connaissent que les grandes routes* Vous rencontrez leur caravane silencieuse qui traîne ses pas dans la poussière , au milieu de toute la chaleur du jour... Où vont-ils ? ils n'en savent rien. Le soir arrive... Une maison en ruines, un de ces vieux souterrains creusés par les Maures, un rocher qui les défend du vent de la nuit, les abriteront , et si l'endroit leur plaît, ils y resteront jusqu' ace qu'ils éprouvent de nouveau ce besoin de vie errante auquel ils ne peuvent résister.
Ils mendient sur la route. Us ramassent au- .près des maisons isolées les corps des animaux qui y sont morts , et qu'on a jetés dans quelque fossé. Apprêtées par d'effroyables vieilles au feu
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allumé en plein air, ces viandes horribles feront le repas du soir. Le muletier égaré , la nuit , dans les défilés de la Sierra Morena aperçoit de loin des figures fantastiques qui se meuvent , se baissent , passent , disparaissent autour d'un feu mourant ; des chants bizarres parviennent jusqu'à lui... S'il approche j il est témoin d'affreux mystères d'amour et de magie. Le plus souvent il s'éloigne avec prudence du camp de ces dangereux aventuriers , en s'assurant si la fidèle escopette pend toujours à ses côtés , et en arrêtant , pour ne point leur donner l'éveil , la clochette que la dernière de ses bêtes agite en marchant.
Ils viennent à Madrid. Vous les apercevez à la porte des hôtelleries. Leur ceinture porte deux ou trois grandes paires de ciseaux. Ils attendent qu'on leur amène à tondre quelque mulet , quelque âne ou quelque chien. Après avoir , avec une grande légèreté , dépouillé de son poil le pacifique animal qui tremblait au cliquetis de leurs armes ; après avoir souvent rendu le même service au maître dont ils coupent les cheveux avec la même adresse et les mêmes ciseaux , ils reprennent leur place au soleil sur le bout de la porte , regardent passer avec dédain l'habitant i. 7*
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des villes , et se demandent quand ils iront rejoindre la troupe qu'ils ont quittée pour amasser quelques réaux. Ce n'est point à leurs femmes • à leurs enfans qu'ils apporteront le modique fruit de leur travail : ils ne se marient point. Les enfans ne connaissent que leurs mères , et le vague le plus romantique couvre chez eux la paternité.
Les fatigues de cette vie errante , la chaleur, la poussière des longues routes enlèvent de bonne heure la beauté, la jeunesse de leurs femmes. Elles chantent et dansent dans les villages avec des mouvemens convulsifs dont elles accompagnent aussi leurs prédictions. Souvent , quand vient la nuit , elles reçoivent , au milieu des ruines de quelque tour isolée , la visite des jeunes filles du hameau voisin qui se sont informées , le matin , du lieu de leur retraite. Tremblantes y malgré leur rire de courage , elles viennent consulter sur leurs amours les sorcières aventurières. Les pièces de monnaie ont résonné dans leur tambour de basque ; elles ont vu leur panier se remplir de provisions apportées en cachette ; aussi elles ont lu , sans hésiter , dans les mains étendues devant la flamme tremblante de leur foyer , d'heureux hymens et de nom-
LES BOHEMIENS. x53 breux enfans. Attirés sur les pas des curieuses qu'ils ont suivies de loin , leurs galans, protégés par un vieux pan de mur , ou les branches du sureau , ont surpris le secret de la consultation... ils se présentent tout à coup aux jeunes filles confuses et surprises. On reprend ensemble la route du village Les nuits sont superbes dans ce pays... L'Amour , qui s'est mis du pèlerinage, vérifie presque toujours les deux prédictions , sans faire trop d'attention à leur rang.
Les anciens auteurs dramatiques, surtout dans les pastorales, ont mis los Gitanos en scène, sans en tirer le parti que présentait leur physionomie bizarre. Cependant j'ai entre les mains une comédie manuscrite où les singuliers voyageurs agissent et parlent avec beaucoup de vérité. Ce sera faire plaisir, je crois, à mes lecteurs que de terminer ce discours par la traduction d'une scène de ce drame. Les désappointemens du personnage qui va parler sont amenés par des ridicules et des travers qui sont un peu les nôtres , et le comique qui en résulte ne peut se perdre en passant de l'espagnol au français.
C'est au milieu d'un orage ; les bohémiens se
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sont réfugiés dans des ruines à quelques lieues de Séville. Moskitès, le chef de la troupe, s'approche d'une vieille qui , à l'abri sous un portique délabré , prépare le repas du soir ; tout en ratissant des racines, elle lui parle ainsi :
« Ou je me trompe fort , Moskitès , ou voici un tems qui fait bénir au voyageur l'invention et l'usage des manteaux... C'est maintenant que le muletier regarde de loin s'il ne verra pas sur la route le toit de la Venta qu'il n'a jamais si longtems désirée.
MOSKITÈS.
» A moins qu'il n'aime mieux être mouillé jusqu'aux os, et avoir les yeux brûlés par les éclairs.
MEDULLÀ.
» C'est toi qui nous as trouvé ce gîte... Le bel endroit , Moskitès ! si jamais j'ai envie de me donner à l'ange noir , c'est ici que je viendrai l'appeler. J'ai vu près d'ici les plus beaux pieds de ciguë !
MOSKITÈS.
» Tu crois rire ! Tu ne serais point la première femme qui aurait ici fait un pacte avec lui. Si ta dernière dent ne tremblait pas dans ta bou-
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che ; si l'enterreur n'avait pas déjà pris ta mesure ; si tu n'étais pas d'avance une proie assurée de l'enfer, tu n'aurais pas besoin de ciguë et
de mandragores pour le faire venir ici C'est
une route qu'il a faite plus d'une fois.
MEDULLA
» Grand merci de tes complimens, noble fils de la chaste Marina. Le diable , dis-tu , a l'habitude de venir ici , tant mieux ; mais moi , je me serais dispensée de suivre son exemple , et j'aimerais mieux faire sauter la poêle dans une bonne chambre que d'être ici comme la Giralda de Séville , exposée aux quatre vents. Pourquoi nous as-tu conduits dans cet affreux désert ?
moskitès.
» Demande-moi aussi pourquoi l'orage nous a surpris en route , et je te renverrai , pour te répondre , au génie qui depuis deux jours ne cesse de me poursuivre.
MEDULLA
» Il est vrai que depuis quelque tems on pourrait noircir de tes bévues , si on les inscrivait ? l'autel dlsis quand nous l'aurons fait recrépir. Je
n'y songe point sans m'en indigner. Cet homme maigre, pâle et noir qui , dans la dernière ville, t'est venu prier de lui dire la bonne fortune... '
MOSKITÈS.
» C'était un médecin, ou , pour le moins, un chirurgien , si j'ai bien deviné. Je lui ai dit que je voyais dans sa main que Tannée serait fertile en chutes et en enterremens , et qu'il ne ferait rire personne.
MEDULLA
» Oui ; et as-tu vu comme il a fait la grimace ?
MOSKITÈS.
» Je n'ai pas eu d'autre preuve de sa générosité.
MEDULLA
» Je le crois bien. C'est un auteur de pièces «comiques que tu as pris pour un médecin... Je ne ris pas : j'ai vu un gros rouleau de papier qui sortait de sa poche ; je l'ai entendu qui disait à un homme aux mains larges : Tu préviendras tes amis qu'il faut rire trois secondes à la scène d'Octavio et d'Amita , et trépigner des pieds pendant deux minutes quand la jeune aveugle
LES BOHÉMIENS; l5;
qu'on yient d'opérer s'élance sur la scène en disant : « Je vois... » Ce qui est très-naturel.
MOSKITÈS.
» Je ne suis plus étonné de sa colère. Où diable avais-je l'esprit?
MEDULLA
» Et cette jeune femme qui , avec son vieil époux , est venue t'interroger?
MOSKITÈS.
» Elle était sur le point d'être mère ; j'ai cru faire plaisir au mari et à la femme en leur annonçant que l'enfant qu'elle mettrait au jour ressemblerait , comme une goutte d'eau y à son père.
MEDULLA
» Par les cornes de Sérapis , le petit cousin qui la suivait et la lorgnait de loin est un joli blondin... Mais que diable , elle n'a que faire de son portrait !
MOSKITÈS.
» Et le monsieur si pinpant qui faisait sonner ses éperons et caressait ses moustaches noires., ,
MEDULLA
» Tu le pris pour un militaire ?
l58 LES BOHEMIENS.
MOSKITÈS.
» Quand je lui eus dit que les astres m'annonçaient une guerre prochaine et terrible qui donnerait aux braves l'occasion de se signaler , il me quitta si vite qu'il oublia de me payer.
MEDULLA
» Il te quitta tout tremblant pour détacher en cachette ses éperons , et les mettre avec ses moustaches dans le tiroir où il cache son crime et ses ciseaux quand il a découpé assez de drap dans la rue de la Novedad.
MOSKITÈS.
» Je ne fus pas mieux récompensé par ce petit garçon qui passa près de moi , un gros livre sous le bras : c'était un écolier de cinquième, je crois. Je lui dis que son pédant devait être de bonne humeur toute la semaine, et qu'il passerait huit
jours entiers sans recevoir des férules Il me
regarda d'un air si courroucé , si indigné , que j'aurais tremblé si je n'avais pas ri !
MEDULLA
» De mieux en mieux... et tu traitas bien un
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législateur, un soutien des droits de l'homme et des peuples , un juge des rois et un vengeur de l'oppression ! Apprends que ce petit monsieur te prouvera, en te citant des auteurs grecs,, latins, hébreux , que ses pères furent des sots , et que la jeunesse d'aujourd'hui est pensante, agissante, excellente. Son œil est dur, son cœur sec, son ton haut et tranchant , son discours sentencieux ; il méprise les femmes, ne croit rien, se moque de la vieillesse, et s'égaie aux dépens du malheur ; il a déjà organisé trois insurrections de collège , et assisté à deux enterremens par force. Son chapeau est une profession de foi , sa tabatière un
principe, son mouchoir un patriotisme Je te
demande si l'on peut parler de férule à un écolier de cette trempe.
MOSKITÈS.
» Je fus un sot ; et je devais lui prédire l'insurrection des peuples, la fin de tous les rois, et une bonne égalité qui le mettrait , lui et les siens , au dessus de tous les autres !... Notre tems est passé , je le vois !
MEDULLA
» Tu as raison ; et tiens , crois-moi , fais des
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brochures sur le magnétisme et la politique, travaille à quelque projet de finances ou à quelque œuvre romantique ; tu seras toujours un charlatan , mais tu réussiras plus sûrement qu'avec ta ceinturent ta baguette... etc. »
i/espagne poétique. 161
N° xvii.— 25 septembre 1823,