RÉCLAMATION
DE SANS-CHAGRIN , VOLTIGEUR FRANÇAIS , contre l'article des Chiens du Diario.
Air : J} peut êtr* un chien.
Vous n' savez pas, Messieurs, c' qu'écrit
L' Diario qui fait d' l'esprit :
Nous somm's des chiens, s'il faut l'en croire.
Des chiens! soit, passons-lui ce point;
Mais si l'auteur ne s' cachait point
J' veut êtr' un chien , à coups d' pieds , à coups d' poing , Lui casser la gueule et la mâchoire.
Air : Allons-nous-en , gens de la noce.
Rions, amis , de cette audace ,
Et moquons-nous des libéraux :
Pour eux nous somm's des chiens de chasse ,
Ils nous ont toujours montré 1' dos.
Ils parlent haut , loin des alarmes ,
Mais , au feu , ces braves soutiens ,
Lorsque nous apprêtions nos armes ,
Tremblaient tous rien qu'au bruit des chiens!
Air : Dis-moi t'en souvicns-lu ?
Pour la fidélité , j1 m'en vante ,
J' somm's un peu chiens sous 1' drapeau blanc ;
C'est peut-êtr' bien cela cjui les tourmente ,
Et, j'en conviens, pour eux c'est tourmentant.
De chiens comm' ça, pour que l'Espagn' soit forte,
Tâchez ici d'avoir quelques milliers;
Lorsque leur roi leur dit : « Cherche et rapporte ! »
Ils trouv'nt la gloire, et rapport'nt des lauriers!
Air : A/a commère , quand je danse.
Que bientôt l'on nous rappelle , Si c'est vot' vœu , c'est le mien , Et tâchez, dans vot' querelle, De vous passer de soutien !
Tenez-vous bien!
Tenez-vous bien !
Un' fois chez eux , d' Jean d' Nivelle Les chiens imit'ront le chien!
Il n'y a que la yanité qui rende frivole ; l'indolence peut mettre quelques intervalles de sommeil ou d'oubli dans la vie , mais elle n'use ni ne flétrit le cœur ; et malheureusement on peut sortir de cet état par des passions plus profondes et plus terribles que celles des ames habituellement actives. C'est une pensée de madame de
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Staël : elle convient plus encore aux Espagnols qu'aux Italiens.
Plusieurs auteurs traitent de fable ce que Ton raconte de Cava et de la violence de Rodrigue. Us prétendent que la seule ambition fit trahir au comte Julien sa patrie , sa religion et son roi. Ge crime parut si affreux aux chroni queurs de ce teins ; qu'ils n'osèrent pas , dans la crainte d'en faire partager la honte à leur nation, le livrer tout nu à l'histoire. Quoique chrétiens , ils aimèrent mieux lui donner pour motif
la vengeance C'est une correction dans le
goût espagnol.
On nous gardait l'ogre , tout près de France , pour nous le lâcher en cas de besoin. Nos hommes d'état , généreux copistes d'une perfidie qui fit notre ruine , ont en réserve un épouvantait qu'on élève bien haut pour décider l'Espagne , quand elle fait mine de n'être pas de
notre avis c'est la révolution. Ce serait une
pitié, si déjà ce n'était pas une honte de croire qu'on pourra produire de l'effet avec une fantasmagorie dont les Espagnols peuvent dire : Novimus esse nihil.
Expliquez-nous, Marcellus, votre con^
duite avec les prétoriens dans cette dernière guerre que R.ome a soutenue auprès des colonnes d'Hercule ? Est-ce par antipathie ou par défiance, ou par politique, que vous les avez toujours tenus éloignés du poste qu'ils devaient occuper? Si leur dévouement à leur prince est un crime à vos yeux , débarrassez-vous-en, car votre ingratitude ne les en corrigera pas!... Mais non; vous avez le coeur trop noblement placé, vous connaissez trop bien le prix de leur fidélité, vous qui y avez quelquefois eu recours pour en faire, aux yeux de toutes les légions, une source de dégoûts, d'humiliations et d'ennuis. Est-ce par défiance que vous agissez? Cette excuse ne vous est pas permise , à vous dont le noble cœur n'en connaît ni pour Lentulus , ni pour Corbulon, ni pour Procida , et tant d'autres si dignes de l'entretenir! Vous les avez donc repoussés, mortifiés par politique ? Triste politique que celle qui fait craindre d'être juste , et de rendre à chacun ce qui lui appartient! D'ailleurs, ces prérogatives, dont vous croyez l'armée jalouse, appartiennent à l'armée, puisque ceux qui doivent en jouir sont choisis dans ses rangs En méconnaissant ces prérogatives , vous enlevez un en-