‹ Madrigaux de La SablièreChapitre 24 sur 79 · LIVRE PREMIER l · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER l

On n'est bon qu'à se divertir; Et, quand le bel âge nous laisse, On n'est bon qu'à se convertir.

Puisque, sans plainte et sans murmure.

Iris, vous voulez que j'endure Toutes vos inegalitéz, %Vos chagrins, vos legeretez, N'ayez pas peur que je conteste; A toutes vos humeurs je veux m'accoûtumer : Accoûtumez-vous à m'aymer, Je vous en devray bien de reste.

Peut-on devant l'amour consulter le devoir? Cédez, Iris, à son pouvoir :

Luy seul a des plaisirs solides;

Leur piquante douceur ne se peut exprimer; Mais ils ne sont pas faits pour ces âmes timides Qui demandent congé d'aymer.

Prouve-moy ton amour par de tendres effets :

Je veux croire, Philis, l'aveu que tu m'en fais;

Tes yeux plus de vingt fois m'en ont fait l'ambassade ;

Mais je crains les déguisemens,

Et ta bouche me persuade Plustost par un baiser que par mille sermens.

Qu'ils sont brillans et qu'ils sont doux, Ces beauxyeux, cesauteurs de monamour extrême ! Mais, Iris, comment faites-vous Pour vous en garantir vous-même?

Toutes les fois que pour les voir

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