LIVRE PREMIER
Voici l'heure à peu prés qu'Iris doit estre au bal :
Que de gens la trouveront belle !
Peut-être elle fera quelque nouveau rival Cependant qu'en secret mon cœur s'entretient d'elle. A ces maux, toutefois, je veux m'accoûtumer :
On ne peut la voir sans l'aimer; Mesmes jusqu'à nos dieux, chacun luy rend hommage ; Et si quelque plaisir adoucit ma langueur, C'est que la belle Iris à pas un ne s'engage, Et nous égale tous par un commun mal-heur.
Vous aymez, dites-vous, à lire L'histoire et le succès des galantes amours, Les rubriques et les bons tours Qu'Amour exerce en son empire.
Soufrez que ce dieu vous inspire :
Vous en sçaurez plus en huit jours Que les livres n'en sçauroient dire.