‹ Madrigaux de La SablièreChapitre 33 sur 79 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Je rne fais un plaisir de mon propre tourment ; Je resve à vous quand je sommeille, J'y pense dés que je m'éveille, Et je m'endors en vous nommant.

Grâce à cette jeune beauté, Ou plus-tost grâce à son caprice, En peu de temps j'ay remporté Ce que plusieurs ans de service Auroient à peine mérité.

Mais je n'ose me croire heureux, Quoyque Philis soit fort aymable : J'ay quelques rivaux dangereux, Et ce mesme caprice, à mes vœux favorable. Peut bien le devenir pour eux.

3o MADRIGAUX

Je ne sçay pas, Iris, à quoy mon cœur s'attend ;

Je ne sçay pas ce qu'il doit craindre;

Mais je suis triste et mécontent,

Sans avoir sujet de me plaindre :

Avec mille bontez vous me souffrez chez vous;

D'un visage obligeant et doux Vous recevez mes vœux, mes soins et mes hommages

De quoy suis-je donc affligé?

Ay-je veu dans vos yeux de sinistres présages?

Enfin, dites-moy ce que j'ay.

Iris, qu'au prix du hoc l'amour vous touche peu !

C'est tout vostre plaisir, vous n'aymez autre chose;

Et, quand on va chez vous, il faut qu'on se propose

De ne vous approcher que pour voir vostre jeu. C'est là que l'ardeur qui me presse Fait que pour vous je m'intéresse,

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