‹ Madrigaux de La SablièreChapitre 35 sur 79 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Mais ce n'estoit que vanité.

Hélas! j'ay bien apris, en vous voyant, Belise, Qu'il n'est point de bon seîis contre tant de beauté.

Prudes à qui le Ciel a donné des apas,

Vous ne me semblez gueres sages, Car enfin vous ne sçavez pas Profiter de vos avantages.

Vous estes faites pour l'amour, Puisque le Ciel vous a fait belles :

Auprès de vos amans fidelles

Que n'employez-vous mieux et la nuit et le jour?

Mais à votre bonheur un Démon porte envie, Et vous passez, de vostre vie, Le plus beau sans y consentir, Et le reste à vous repentir.

.xr

Puisque vous ressentes ma peine Et que vous partagés mes feux, Pourquoy, scrupuleuse Climene,

Retardez-vous le jour qui me doit rendre heureux ? Une faveur non limitée

Doit estre, dites-vous, plus long-temps méritée;

Mais d'une longue attente épargnés-moy l'ennuy;

Ce que vous promettes à ma persévérance, Donnés le moy dés aujourd'huy :

Ce sera grâce et recompense.

Qui ne connoist Iris qu'en qualité de belle, De douce, de spirituelle, Et qui n'a pas un seul défaut, Ne sçait pas tout ce qu'elle vaut.

Il est d'heureux momens, d'obligeantes tendresses, De doux emportemens, de pressantes caresses,

Page 1