‹ Madrigaux de La SablièreChapitre 37 sur 79 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

A force de m'aymer tu me rends misérable;

Sans cesse contre moy tu grondes, tu te plains;

Sur le moindre soupçon tu me juges coupable, Et tu crois tout ce que tu crains.

Que ton humeur, Philis, à ta beauté réponde;

Croy moy toujours fidèle et toujours amoureux. Et ne fais pas un malheureux Du plus heureux homme du monde.

Belle Iris, quand l'heure est venue Qu'il faut s'en aller de chez vous,

Par un charme puissant mon ame est retenue, Et jamais je ne m'y résous :

Plus de vingt fois en un quart d'heure Je dis adieu, puis je demeure,

Et pour vous voir encor je cherche cent détours.

I! faut enfin partir; mais, quand je me retire, Il me semble que j'ay toujours Quelque chose encore à vous dire.

Belle Iris, si dans votre empire Je dois toujours sans fruit souffrir tant de langueur,

Cruelle, par quelque rigueur

Aymez-vous tant à me le dire?

Helas! c'est bien se plaire à croistre ma douleur

Que de m'anncncer un malheur

Page 1