‹ Madrigaux de La SablièreChapitre 38 sur 79 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

De qui ma mort sera la suite inévitable. Vit-on jamais rien de semblable?

Pour rendre de tout poinct mon tourment sans égal Vous voulez que j'en aye et la peur et le mal.

Cet amant qu'on présume Estre bien avec vous, Vous l'aymez par coutume.

Je n'en suis point jaloux, Non plus que d'un époux.

STANCES

Cloris, tous les jours mon rival Vous parle et vous voit à son aise; Avec vous seule il danse au bal, Et tout ce qu'il fait, bien ou mal, Je ne vois pas qu'il vous déplaise.

Encor que je sois à l'écart, Je ne vous perds guère de veuë, Et l'autre jour, par un regard Où sans doute luy seul eut part, Je receus le coup qui me tuë.

De quels déplaisirs, de quels soins, N'eus-je point l'ame traversée?

Cent fois je vous en aymay moins, Et vos beaux yeux furent témoins Du désordre de ma pensée.

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