INTRODUCTION IX
lutter seule contre tant de tentations. Sa belle jeunesse s'écoula dans cette galanterie décente qui fut la vie de la plupart des grandes dames au XVIIIe siècle. Un de ses oncles, grave magistrat, voulant un jour lui faire de la morale, lui dit : « Eh! Madame, toujours des amourettes!... On n'entend parler que de cela dans cette maison. Mettez au moins un intervalle : les animaux eux-mêmes n'ont qu'une saison pour cela! — C'est que ce sont des bêtes, répondit M'ne de La Sablière. »
Ce n'étaient jusque-là que des fantaisies passagères; mais, à ce que rapporte Walckenaer, dans sa Vie de La Fontaine, vers 1670, M'ne de La Sablière et La Fare s'éprirent l'un pour l'autre d'une passion plus durable et plus affichée.
La Sablière n'avait pas le droit et n'eut pas la pensée d'en être jaloux, car il était, de son côté, sous le joug d'une dame dont Kichelet, tout en la disant admirable d'esprit et de beauté, ne nous a pas révélé le nom. Il la quitta cependant pour donner tout son cœur à Mlle Marie Vanghangel, fille d'un Hollandais à qui La Sablière délégua une part dans la Kégie des Domaines, afin de le fixer à Paris. C'est à elle qu'il a dédié tous ceux de ses madrigaux qui portent le nom (i'Iris, et ce séducteur volage devint constant pour le reste de sa vie. Il aimait uniquement son Iris, et son Iris, afin de lui rester fidèle, refusa Igus Us prétendants avec tant de