Senecé, Les Travaux d' Apollon
La croyance à une âme corporelle ne se vérifie dans aucun des écrits. Ce n'est pas dans les expressions qu'il emploie, ammœ volucres ^ domino semine, qu'on en trouverait la preuve. Qu'on lise sa description de la naissance de l'homme : c'est un être doué de raison que la nature attendait, comme un roi digne d'elle.
La Divinité l'a animé de son souffle, et les rayons de TÉther ont imprégné de vie la matière la plus pure.
Natus homo est : sive hune divino semine fecit nie opifex rerum, mundi melioris origo.
Sive recens tellus, seductaque nuper ab alto iEthere, cognati retinebat semina cœli.
Le poète de Sulmone se contente de croire à la transmigration des âmes, dogme apporté d'Egypte. Et, par la bouche de Pythagore prédisant aux Troyens la grandeur de la ville qu'ils doivent fonder sur les bords du Tibre, il se déclare partisan de la Métempsycose. Il affirme que les âmes légères qui sont en nous passeront dans le corps des animaux et pourront se réincarner dans une enveloppe humaine.
Verum etiam volucres animse sumus, inque ferinas Possumus ire.
Cette croyance feinte ou réelle l'autorise à blâmer la barbarie de l'espèce humaine, sacrifiant à ses cruels appétits « et le chevreau timide, et les petits oiseaux nourris de notre main, et al
douce brebis et le bœuf patient » * . Qu'aurait-il dit si les hommes avaient osé manger du cheval, lui qui va jusqu'à critiquer Thameçon du pêcheur à la ligne...
On a peine à croire que le même Ovide, qui condamne Talimentation animale, par pur sentimentalisme, soit aussi l'auteur des élégies d'Amores^ Tamant heureux de Corinne , celui qui a dû avoir souvent l'occasion de constater que Sine Cerere et Baccîio^ friget Venus. Je voudrais bien savoir quel fui le menu de ce jour dont il raconte ainsi les exploits :
At nuper bis flava Chlide, ter candida Pitho,
Ter libas officio continuata meo Exigere a nobis angusta nocte Corinnam, Me memini numéros sustinuisse novera.
dont voici la traduction donnée par M. Mollcvaut :
Et cependant deux fois la blonde Ellage^ Trois fois Pitho reçurent mon hommage Corinne encor nia vu, plus courageux^ Neuf fois la nuit, encenser son image.
Peut-on fournir une pareille besogne, en ne mangeant que des herbes cuites? A mon avis, ti faut avoir arrosé de vieux Falerne les plus suc-
I. Voilà une sentimentalité qui forme une grande antithèse avec la satire Ibis, dans laquelle Ovide, entre autres malédictions contre un faux ami, lui dit: « Puisses-tu des mains de ta mère boire les sucs de la cantharide. •
Gantliaridum succos dante parente bibas.
culentes victuailles, pour se livrer en un seul jour à de semblables dépenses. On nous a raconté, il est vrai, que certaines eaux minérales, connues des Romains, pouvaient donner aux hommes une puissance extraordinaire. La fontaine de Salmacis, qui n'avait pas de médecininspecteur nommé par Mercure, rendait, dit-on, fous d'amour tous ceux qui avaient bu de ses eaux.
Mais, puisqu'Ovide connaissait si bien les effets des sources d'eaux minérales, il aurait dû en trouver une capable de guérir la belle Cydippe, dont il nous raconte l'histoire dans ses Héroides : Dans le temple de Diane, elle avait ramassé une pomme qui était à ses pieds et sur laquelle elle avait lu ces mots : « Je jure d'épouser Aconce. » C'était un serment qu'elle venait de prononcer involontairement dans le temple de la déesse et que rien ne pouvait rompre, pas même la volonté paternelle. Et cependant son père lui a présenté son fiancé! La jeune fille tombe malade; elle devient anémique, ses forces l'abandonnent, elle a des accès de fièvre. Dans cette situation perplexe, elle reçoit une lettre d'Aconce qui lui dit qu'elle ne sera délivrée de sa langueur que lorsqu'elle sera sa femme. « Malheureux, lui dit-il, je ne puis être l'exécuteur des ordonnances du médecin, je ne puis couvrir tes mains et m'asseoir sur ta couche ! »
Me miserum! quod non medicorum jussa ministro, Effingoque manus, insideoque torol
« C'est cet autre que j'abhorre qui est près de lui. Tandis que son doigt consulte la force de ton pouls, souvent sous ce prétexte il tient tes bras de neige, il presse ton sein, et peut-être il te donne un baiser. »
Dumque suo tentât salientem pollice venam,
Candida per causam brachia sœpe tenet, Contrectatque sinus, et forsitan oscula jungit.
Notre jaloux en écrit comme cela six pages, et il termine en disant qu'il ne veut pas lui en dire plus, pour ne pas la fatiguer et aggraver sa maladie.
La pauvre petite lui répond : « Qu'une langueur, dont les causes ne sont qu'apparentes, oppose à tous les secours de Part une opiniâtre résistance. »
Languor enim, causis non apparentibus, hasret; Adjuvor et nuUa fessa medentis ope.
Elle ajoute : « Imagine-toi Tétat de faiblesse et de prostration d'une femme qui, pendant qu'elle trace cette réponse, peut à peine soutenir ses membres anémiés sur son coude ! »
Quam tibi nunc gracilem vix haec rescribere, quamque Pallida vix cubito membra levare putas?
« En voyant approcher ce jour désiré par des parents chéris, tout mon corps éprouve les ardeurs d'une fièvre brûlante... Tu me demandes de te laisser voir ce corps affaibli... Je suis dans un état d'émaciation effrayant ; je n'ai plus de
sang dans les veines, et la pâleur de mon teint égale celle du marbre nouvellement taillé... »
C'est un cas de chloro-anémie, cachexia virginiim^ qui reconnaît pour cause aussi bien les émotions tristes et les chagrins d'amour qu'une prédisposition constitutionnelle ou un trouble dans les fonctions menstruelles. Cette histoire est une véritable observation médicale.
Pourquoi Ovide, qui a écrit l'art d'aimer, Ai^tis amatoriae^ et ensuite l'art de ne plus aimer, Remedîoî^iun amoris^ n'a-t-il pas conseillé à Cydippe de secouer le joug qui devait la blesser? Il aurait pu lui dire : « Hâte-toi de combattre le mal dans sa racine; il est trop tard pour y porter remède, quand il s'est accru par le temps. »
Principiis obsta : sero medlcina paratur Quum mala per iongas convaluere moras.
N'a-t-il pas vu « des plaies que Ton aurait facilement pu guérir devenir incurables pour avoir été négligées. »
Vidi ego, quod primo fuerat sanabile vulnus Dilatum iongas damna tulisse moras.
Les affections incurables, Ovide a pu en étudier la marche fatale sur lui-même. Dans les élégies des Tristes^ dans les épîtres plaintives des Politiques^ il nous a initiés aux souff'rances physiques et morales de l'exil. Que de tristesses et d'amertumes pendant ces longues années passées loin des siens, dans les marais malsains
du Pont I En proie à une maladie de langueur, il se voit mourir lentement, sans douleur, sans fièvre.
Et peragit soliti vena tenoris iter.
Ses os sont décharnés, ossa tegit macies, sa peau prend la teinte des feuilles jaunies par l'automne, et sa chevelure emprunte la couleur des plumes du cygne. « Il n'est pas toujours au pouvoir du médecin deg:érirle malade, dit-il mélancoliquement, la médecine ne guérit ni la goutte ni l'hydrophobie. »
Tollere nodosam nescit medicina podagram Nec formidaiis auxiliaïur aquis.
Hélas ! elle est plus impuissante encore contre les lésions pulmonaires, rebelles à £>culape luimême et à ses herbes sacrées.
Adferat ipse licet sacra Epidaurius herbas Sanabit nulla vulnera cordis ope.
C'est l'hémoptysie qui apparaît, et qui va mettre un terme au supplice du poète. « Tu vois, écrit-il à un ami, comme le sang qui jaillit d'un poumon délicat nous mène sûrement vers les eaux du Siyx.
Cernis, ut e molli sanguis pulmone renaissus Ad Stygias certo limite ducat aequas.
La vengeance de l'empereur ne devait s'arrêter que là.
L*an 64, avant notre ère, le maître de la poésie lyrique naissait à Vénusie. Après avoir étudié les belles-lettres à Rome et à Athènes, il débuta dans le rôle ingrat de la politique. Dans la guerre civile qui suivit la mort de César, il embrassa le parti de Brutus contre Auguste, et il assista à la bataille de Philippes en qualité de tribun des soldats. Mais, après la déroute de Tarmée républicaine, il revint à Rome et se livra entièrement à la poésie.
Virgile le présenta à Mécène et à Auguste qui le comblèrent de bienfaits, mais il refusa tous les honneurs qui lui furent offerts. U aurea mediocritas suffisait à ses goûts de poète.
Horace fut un homme heureux. Son naturel jovial le rendit sympathique à ses contemporains. En philosophie, il prit cette devise ironique : Epiciiri de ^rege porcus . par opposition aux principes austères des Stoïciens. Il ne chercha le bonheur que dans l'usage modéré des plaisirs et dans les ineffables joies du travail in-
tellectuel; c'était un sage. Il a connu de la vie humaine tout ce qu'il y a de bon : les charmes de Tamitié, l'indépendance du caractère, l'admiration des lettrés. Il a aimé la nature, les forêts sombres, les vertes prairies, les moissons dorées. Il a pensé ses œuvres pendant ces nuits longues et silencieuses de la campagne, pleines d'attrait et de mystère. Il a écrit l'éternel poème de la vie, de la jeunesse enthousiaste et de l'époque plus sérieuse où Tâme aspire à la gloire et prétend à Timmortalité :
Exegi monumentum sere perennius.
Les Parques lui ont laissé le temps de ciseler ses poèmes incomparables, qui ont reçu l'éternelle consécration des âges, et de mêler aux choses les plus graves un peu de folie : il est si doux de perdre quelquefois la raison :
Misce stultitiam consiliis brevem, Dulce est desipere in loco.
Mais il a dû, comme les autres, payer son tribut à la nature, voir s'envoler ses illusions, compter avec les maladies qui l'assiégeaient sans cesse, et dont nous aurons à rechercher les causes.
Peut-être paraîtra-t-il étrange d'aller doctoralement interroger cet amant des muses et de lui demander de prendre des notes médicales dans ses odes, ses satires et ses épîtres ; « de venir porter, comme l'a dit Daremberg, une main indiscrète et barbare sur les pages d'un Doète
qui, depuis dix-huit cents ans, reçoit Thommage des esprits délicats du monde entier. Gomment arraclier des mains d'Horace cette coupe de vieux xMassique qui fait oublier les soucis ? Gomment effeuiller cette couronne de roses, troubler ces joies d'un banquet et mettre Lydie en fuite pour présenter le triste spectacle des souffrances, de la maladie et de toutes les misères ph3^siques dont Horace, hélas ! ne fut point exempt? Mais le médecin impitoyable saisit son malade partout où il le trouve, surtout au milieu des festins, surtout après les enivrements de l'amour. Horace, ainsi surpris par Musa ou par Gratérus, reçoit docilement leurs avis, fait quelques pénibles retours sur une santé qui ne suffisait ni à l'excès du travail, ni aux entraînements du plaisir, met en vers harmonieux les consultations que lui donnent ses doctes médecins, et chante les bienfaits d'un repas frugal ou les dangers des orages du cœur. »
G'est dans sa villa de Tibur qu'il allait se reposer de ses fatigues et de ses excès. G'est là, au milieu de cette luxuriante nature, qu'il faisait l'éloge de la sobriété, de l'existence tranquille, étrangère aux passions politiques et aux vanités humaines.
G'est là qu'il composa cette éloquente satire dans laquelle il fait le parallèle de la vie paisible de la campagne et des tourments de la ville. Voici, dit-il, quelle était mon ambition.
Hoc erat in votis;
Un lopin de terre, une demeure avec une source d'eau vive, un jardin et un bouquet de bois. Mes désirs ont été plus qu'exaucés. Je n'en demande pas davantage aux dieux.
Nil amplius oro.
Combien y a-t-il d'hommes qui possèdent une fortune indépendante, qui ont acquis une célébrité honnête, qui sont arrivés à Tâge du repos, et qui ne savent pas comprendre le bonheur, comme Tentend si bien Horace ? Le doctorat, l'agrégation, l'académie, Tinstitut, le sénat, le ministère sont les échelons successifs de leur avidité orgueilleuse. Pauvres millionnaires, malheureux savants ! vous ne savez pas être heureux : vous êtes condamnés à marcher, sans trêve ni merci, à marcher toujours dans la route accidentée de l'ambition. Je vous plains. Après trente ans de services, nous ne devrions penser qu'à la possession du
Modus agri non ita magnus et paulum silvœ,
du poète, et laisser aux jeunes le soin de continuer nos travaux.
Donc, Horace aime l'atmosphère pure de la campagne, les riants et frais vallons éclairés encore par le demi-jour, quand le soleil dore déjà les cimes des coteaux; là, il respire largement, il ne pense pas à ses infirmités, il vit dans une douce quiétude. Mais lui aussi a ses défauts : Qu'il entende Lydie faire l'éloge de son nouvel
amant, et la jalousie éclatera tout à coup. Le disciple d'Épicure oubliera les préceptes de son école, et il composera cette ode à sa frivole maîtresse :
Quand tu vantes le cou de rose de Télèphe et les bras de neige de cet homme, ô Lydie ! une bile acre remplit mon foie enflammé.
Quum tu, Lydia, Telephi Cervicem roseam, cerea Telephi
Laudas brachia, vce! meum Fervens difficile bile tumet jecur.
Alors, ma tête se perd, mes joues pâlissent et ougissent alternativement, la sueur en découle goutte à goutte et montre de quels feux mon cœur est embrasé. J'écume de rage en constatant sur tes blanches épaules les traces évidentes d'une convulsion amoureuse et d'une nuit d'orgue, en voyant sur tes lèvres les empreintes faites par les dents de cet amant furieux.
Tune nec mens mihi, nec color Certa sede manet; humor et in gênas
Furtim labitur, arguens Quam lentis penitus macérer ignibus.
Uror, seu tibi candidos Tuiparunt humeros immodicae mero
Rixae ; sive puer furens Impressit memorem dente labris notam.
Il termine en suppliant sa belle d'écouter ses conseils et de ne pas croire à la fidélité de ce barbare dont les baisers déchirent ces lèvres charmantes, humides du nectar de Vénus.
Non; SI me satis audias Speres perpetuum dulcia barbare
Leedentem oscula, quce Venus Quinta parte sui nectaris imbuit.
Quelles chaudes et pénétrantes effluves de passion et de poésie il y a dans ces vers! Et comme on sent qu'Horace avait pour cette jolie fille un amour qui lui tenait au cœur! Elle lui avait versé dans le sang ce philtre de feu, connu des poètes,
Fait du souffle mêlé de Vhomme et de la femme ^ Des frissons de la chair et des rêves de l'âme.
Mais pourquoi lui reproche-t-elle d'être jaloux et plus irritable que les flots de l'Adriatique,
Iracundior Adria?
Lui, qui tant de fois a pleuré sa trahison ! Il est possible qu'elle l'aime par caprice, sans se douter qu'il immortalisera leurs amours, et le poète pardonne et remercie le destin, qui ramène l'enfant volage à l'ancien nid. Et, dans son bonheur, peut-être chante -t-il ce refrain, qu'un de ses enfants écrira plus tard pour la Ronde de la Vie de Bohême :
Lui sachant gré d'être belle^ Sans nous faire de tourments, Aimons- la — même infidèle...
La jeunesse n'a qu'un temps.
C'est bien vrai : la jeunesse n'a qu'un temps ! Horace s'en apercevra un jour, quand sera
HORACE jl
fané le myrte dont il se couronnait la tête devant sa Lydie tendre et voluptueuse. Mais comme il Ta bien connue, cette époque chevaleresque oia Tenthousiasme imprime son cachet sur nos sentiments et nos sensations! Il lui permet bien quelques péchés mignons, mais il la veut virile, robuste, saine de corps et d'esprit. A la rigueur, il ne défend pas aux jeunes gens de
Chercher l'occasion de chiffonner un peu La tunique de la morale.
Mais, en réalité, il vante la pureté des mœurs, la foi conjugale, l'honneur de la maison. Il a •aimé Lydie et bien d'autres vierges folles, mais il a toujours méprisé l'intimité de la vie avec les courtisanes et les marchandes d'amour. Dans tous ses écrits, il s'applique à distinguer la matrone vertueuse, l'épouse respectée, de la fille légère, piiella, récréation physiologique offerte aux fils de famille et aux épicuriens, chez les peuples monogames.
Il prévoyait la corruption dans laquelle les mœurs allaient tomber sous les successeurs d'Auguste. Une de ses plus belles odes est consacrée à prévenir les Romains du péril où ils courent, en donnant à leurs filles une éducation trop frivole, en élevant leurs fils dans Toisiveté et la mollesse. Le libertinage naîtra fatalement de Toubli des principes austères des anciens Sabins, et du libertinage viendra la décadence de l'empire.
En voici le passage principal :
Notre siècle, fécond en crimes, a souillé d'abord les mariages, les générations, les familles. Découlant de cette source, tous les maux se sont répandus sur le peuple et sur la patrie.
La vierge à peine adolescente apprend avec joie les danses licencieuses de i'Ionie; elle y ploie ses membres dociles et, dès Tenfance, rêve d'incestueuses amours.
Bientôt, femme adultère, à la table même d'un époux, elle cherche de plus jeunes amants, et, sans choix, dans les ténèbres, prodigue furtivement de scandaleux plaisirs.
Mais son époux devient son complice; elle se lève en sa présence et à son ordre, pour suivre quelque vil agent d'infamie, où le maître d'un navire ibérien, qui paye avec de For tant d'opprobre.
Ils n'étaient point nés de tels parents, ces jeunes Romains, qui rougirent les mers du sang carthaginois, qui domptèrent Pyrrhus, le grand Antiochus et le terrible Annibal.
Mais c'était une mâle jeunesse, robustes enfants de soldats rustiques...
Que n'altère pas le cours désastreux du temps ! Nos pères, moins vertueux que leurs aïeux, ont enfanté des fils plus coupables, qui donneront le jour à une race plus dépravée encore. (Halévy.)
Dans son ode à Drusus, il nous montrera les effets de l'hérédité :
Des forts naissent des forts. La vigueur, le courage^ Aux coursiers, aux taureaux passent ".n héritage;
Vaigle n'euL^endre point un ramier délicat : Mais r éducation est ce qui vivifie ; Par elle un cœur bien né toujours se fortifie ^ Par elle la vertu conserve son éclat i.
Horace a raison, les braves sont fils des braves :
Fortes creantur fortibus et bonis.
C'est réJucation qui développe cette puissance de race, cette hérédité de force et de courage,
Doctrina sed vim promovet insitam.
Que nos futurs Grands Maîtres de l'Université et nos conseils de l'instruction publique méditent cette maxime. D'elle dépend peut-être le salut de la patrie française !
Qu'ils s'inspirent des préceptes de l'hygiène, et qu'ils demandent à la Science ce qu'Horace demandait à Apollon, dieu de la médecine, dans son poème séculaire :
Dieu des Aruspices, toi dont l'arc rayonne et que chérissent les muses, toi dont Tart salutaire sait ranimer les forces d'un corps affaibli,
Qui saliuari levât arte fcssos Corporis artus,
Si tu vois d'un œil favorable Rome^ avec son mont Palatin^ Fais donc de plus en plus^ protecteur secourable. Prospérer l'empire latin .