‹ Mâedecine et moeurs de l'ancienne RomeChapitre 12 sur 46 · I. L'École de Salenie, trad. Meaux Saint-Marc. Paris s8So · texte numérisé non relu

I. L'École de Salenie, trad. Meaux Saint-Marc. Paris s8So

médecins*, comme il le fait entendre dans ce passage qui concerne tous ceux qui veulent se mêler de ce qu'ils ne savent pas :

L'homme étranger à la marine, dit-il, craint de guider un vaisseau : les médecins ne font que ce qui les regarde et il n'y a que le savant qui ose administrer Taurone à un malade.

Abrotonum œgro Non audet, nisi qui didicit, dare; quod medicorum est, Promittunt medici.

L'aurone, on le sait, est une espèce d'armoise {Arthemisia abrotonum) dont la fleur est jaune, Todeur forte et la saveur amère comme celle de Tabsinthe. D'après Pline, la feuille et la graine étaient d'un très grand usage en médecine. On s'en servait contre la toux, dans les affections des reins, dans la dysurie et contre toute sorte de venins.

Il ne faut pas croire pour cela qu'Horace aimait les drogues et qu'il obéissait toujours aux préceptes hygiéniques que réclamait sa santé. Une fois remis d'un de ses accès, il oubliait tout et retombait dans ses errements, comme tous les malades.

Dans les périodes d'intermittence de sa maladie constitutionnelle, il chantait les délices d'une bonne table, les charmes de l'ivresse qui

I. Pétrone a fait faire cette réflexion à un malade : Medi" eus enim nihil aliud est quam animi consolatio. Le rôle du médecin consiste, en effet, à consoler d'abord son malade et à guérir son esprit toujours plus ou moins affecté.

rend éloquent, qui réchauffe le cœur et qui donne du courage; il n'oubliait pas naturellement et Vénus et les Grâces. Mais quand les symptômes morbides revenaient, il se réfugiait dans son petit domaine, ne pensait qu'aux plaisirs champêtres, gémissait sur sa santé et vantait la sobriété.

« Pour moi, dit-il à Apollon, l'olive, la chicorée, la mauve légère suffisent à mes festins. Accorde-moi, fils de Latone, de jouir, sain de corps et d'esprit, du peu de bien que m'ont acquis mes travaux.

Me pascunt olivœ,

Me cichorea levesque malvae Frui paratis, et valido mihi, Latœ, dones, ac, precor, intégra Cura mente;

Mais il ne parlait ni de chicorée, ni d'infusion de mauve, quand il disait à ses amis :

Nunc est bibendum, nunc pede iibero Pulsanda teiius ;

que Peliegrin a traduit en vers :

Qu'à bien boire chacun s'apprête^ Joignons les danses aux festins; Voici pour une auguste fêle Le jour marqué par les destins.

Il ne pensait pas davantage à sa tisane pectorale dans son ode à la bouteille Ad amphoram ; dont voici, à titre de curiosité, la traduction qui en fut publiée i :

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