XX NOTICE
En même temps qu'il dévouait ses jours à la conservation de ses concitoyens , Bailly épuisait sa fortune personnelle par les dépenses qu'entraînait la place éraî nente qu'il avait acceptée. Modeste pour lui-même , portant , dans l'exercice de l'autorité la plus étendue , la première simplicité de ses mœurs , il se montrait pourtant soigneux de sa dignité ; il soutenait , par une re- ■présentation convenable , par de fréquentes libéralités , l'honneur de ses fonctions. Il n'oubliait pas non plus lés sollicitudes de l'humanité , et ce fut pendant la durée de son administration qu'il composa , pour l'Assemblée nationale , un Discours sur les prisonniers y digne , par là philanthropie qui le caractérise , de l'auteur du Rapport sur les hôpitaux.
Bailly trouva long-temps , dans la reconnaissance publique , dans la popularité attachée à son nom , la récompense de ses sacrifices et de ses travaux. Cette récompense était digne de son cœur, et la sagesse ne lui avait pas appris à la dédaigner, mais-, dans les temps de révolution, la popularité est fugitive. D'imprudentes résistances avaient donné à la révolution le caractère d'un combat-, la faveur populaire avait dû, dès lors, s'attacher, non aux esprits les plus sages, mais aux esprits les plus arderis. Bailly éprouva le sort réservé aux hommes justes et -modérés, placés entre des partis qui se combattent. Partisan des idées nouvelles , il devint odieux aux dé- 'fenseurs de l'ordre ancien ; défenseur de l'autorité royale , il devint suspect aux partisans trop passionnés de la révolution. Dès le 17 juillet, les premiers avaient poussé l'injustice jusqu'à lui reprocher , cômiQe un outrage à la dignité royale , ces paroles adressées au descendant de Henri IV : « // avait conquis son peuple ,• aw-