‹ Mâemoires de Bailly (volume 2)Chapitre 16 sur 33 · SUR LA VIE DE BAILLY. XXI · texte numérisé non relu

SUR LA VIE DE BAILLY. XXI

jourd*hui, c*est le peuple qui a reconquis son roi, » Dès le 22 , il avait fait un vain essai de son ascendant sur ce peuple 9 en voulant dérober à la mort le malheureux Foulon , qui fut arraché de ses mains et massacré presque sous ses yeux. Cette scène ejQTroyable Tavait frappé d'un pressentiment sinistre ^ et , dans les épanchemens de l'amitié , tandis que les témoignages d'amour et d'enthousiasme éclataient autour de lui , il s'entretenait de l'inconstance des sentiments popidaires , et semblait se préparer à la destinée qui l'attendait.

Toutefois BaiUy n'avait pas toujours lutté sans succès contre l'efifervescence révolutionnaire. L'un de ses bio^ graphes nous a transmis à ce sujet une anecdote assez piquante pour être conservée. A la fin d'octobre 178g , le peuple , attroupé sur la place de la maison commune y demandait du pain; des cris ejQTrayans pénétraient jusque dans la salle du conseil que présidait Bailly. Chacun tremblait; Dusaulx, vieillard vénérable , doné d^une belle figure et d'un organe sonore , se lève et propose d'aller se montrer au peuple. Il sort , monte sur une estrade élevée pour les proclamations , et là : Messieurs , dit-il , vous voyez devant vous le traducteur de JuifénaL A ce nom de Ju^énaJ, tout le

peuple de s'écrier : Qu est-ce que ce Juvéncd ? un aristocrate, sans doute, A la lanterne M* Juvénall à la lanterne celui qui vient nous en parler l Cest du pain qu'il nous faut ^ M» Jui^énal nous en donnera-t^U ? Le pauvre Dusaulx s'agite en vain pour se faire entendre ; les cris à la lanterne couvrent sa voix. Déjà l'on s'emparait de lui, quand Bailly se présente, et, d'un ton calme, dit à ces furieux : Dusaulx est mon ami , je le réclame. A ces simples paroles , tout se calme : le peu-

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