I. II
A peine rarrété était-il pris , qu'on a annonce une députatîon de la noblesse. Les députés venaient faire part d une difficulté qui avait lieu à cause de la double députation d'Auxerre , et sur laquelle, confornMîment à leurs arrêtés , ils référaient aux commissaires à nommer par les troîjs ordres. Avant leur introduction , on m'avait bien recommandé de leur faire connaître la dénominc^, tion ai Assemblée nationale. On me recommanda encore un autre objet : le clei^é avait député précédemment aux deux autres ordres , pour porter leur attention sur les besoins des pauvres , et chercher les moyens les plus prompts de soulager }a' misère publique. On soupçonnait un pii^ge : on avait député au clergé pour l'inviter à venir déli-* bérer avec nous sur cet objet intéressant. Je fus donc chaîné de faire cQnnaitre que le défaut de réunion était le seul obstacle au soulagement des pauvres. Je répondis : « Messieurs, je suis » chargé de vous répondre au nom de l'Assemblée n nationale , qui siège dans cette salle commùhe , >» que tous les députés de la noblesse ont été ap- » pelés et invités à la vérification commune des » pouvoirs , et à se réunir a l'Assemblée natio- » nale. Elle ne cessera de désirer qu'ils viennent » les présenter, et elle le désire particulièrement » pour délibérer en commun sur les moyens de » soulager la misère publique. »
Dès le moment de la constitution, j'avais, avec MM. les secrétaires , observé que nous n'avions
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plus droit d'exercer nos fonctions provisoires , et qu'il ne pouvait plus exister de doyen. L'Assemblée nous a autorisés à continuer jusqu'à la nomination de ses officiers. Lorsque la noblesse a été retirée , une motion s'était élevée sur les impôts. Un membre dit que le premier acte de l'Assemblée constituée devait être de procéder à la nomination de ses officiers; mais la motion importante proposée demandant d'être discutée sans délai y l'Assemblée déclara 9 après une délibération , que le président et les secrétaires actuels continueraient leurs fonctions.
Alors il a été procédé à la prestation du serment. J'ai juré à l'Assemblée de remplir fidèlement les fotictions qu'elle venait de me confier; les secrétaires ont fait le même serment entre mes mains. Ensuite on a passé à un acte vraiment solennel , un serment de T Assemblée. La formule a été arrêtéç • ainsi : « Vous jurez et promettez de « remplir avec fidélité les fonctions dont vous êtes I) chargés^. » Celte expression était un grand et saint engagement envers trne grande nation. Pour prévenir toute équivoque et tout prétexte que les circonstaiices pourraient porter à chercher un jour, On m'a chargé de déclarer que le serment serait regardé comme prêté par tous ceux qui ne se présenteraient' pas pour signer une déclaration conti^aire. Alors tous les membres de l'Assemblée étant debout , la main droite levée , et dans un
silence profond qui imprimait le respect , j'ai