XVIII NOTICE
Besenval ajoute : « Je n'ai jamais pu découvrir d'où mé )> venait cet avis. »
En effet , il ne négligea rien pour le savoir } mais ce fut en vain. On a su depuis que cet invisible ami de M. de BesenVal était Dumouriez qui croyait lui devoir de la reconnaissance.
Le décret de l'Assemblée traduisait le baron de Besenval devant le tribunal du Cbàtelet (i) , institué juge des crimes de lèze-nation. Ce mot , dont s'enrichissait la langue révolutionnaire , indiquait un délit qu'on se garda bien de définir , afin d'en rendre l'application plus commode. Disons-le , sans craindre de nous tromper ; il préparait de loin le crime d'être suspect, ainsi que la loi qui le punissait , et que la sagacité malfaisante de son auteur étendit sur toute la France, en 1793 , comme un filet inévitable.
Un comité, dit de recherches , avait été créé dans le sein de l'Assemblée nationale. Peu de jours après , la municipalité de Paris eut aussi ses inquisiteurs. Jamais le régime des letlres-de-cachet n'approcha de la tyrannie de ces deux comités. Charles Koidel n'inspirait pas moins d'effroi que ce féroce Laubardemont , le Voidel du cardinal de Richelieu.
Ce fut le comité de la commune qui foui nit les charges produites contre le baron de Besenval. Elles por taient spécialement sur le projet d'assiéger la capitale , de brûler les maisons , de massacrer les habitans 5 roman
(1) L'attribution faite au Châtelet de la cause du baron de Besenval était une infraction formelle du décret portant que la poursuite dit crime de lèse-nation appartient aux représentans de la nation, et non à d'autres.