‹ Mâemoires du marquis de Ferriáeres (volume 2)Chapitre 21 sur 54 · SUR LE BARON DE BESENVAL. XXV · texte numérisé non relu

SUR LE BARON DE BESENVAL. XXV

et s'intéressèrent à ce que le public ne fût pas privé de ce qui devait l'amuser à leurs dépens. Vainement le baron de Besenval présenta-t-il cette comédie comme la satire du gouvernement, brodée sur un fond licencieux qui complétait le scandale : il ne fut point écouté. Beaumarchais n'ignora point que M. de Besenval était à la tête de l'opposition. Ils échangèrent quelques billets aigre-doux , où Beaumarchais n'eut pas toujours l'avantage.

Beaumarchais et madame Dubarry sont peut-être les deux personnages qui caractériseront le mieux leur siècle, aux yeux de la postérité.

L'Académie de peinture comptait le baron de Besenval au rang de ses membres honoraires. Il s'était fait un cabinet de tableaux choisis dans les trois écoles , et passait pour un très-bon juge. L'homme bien organisé n'a pas besoin d'une étude approfondie du dessin et de la théorie des arts. L'instinct du beau lui suffit. Il n'en sait pas assez pour se tromper.

M. le maréchal de Ségur et le vicomte de Ségur son fils ont hérité de cette précieuse collection.

M. de Besenval était passionné pour les jardins , non en amateur fantasque , mais en homme qui sent la natnre. Il fit désirer à la reine de posséder et d'acclimater des arbustes étrangers; et, peu de temps après , une colonie de végétaux précieux et rares fut envoyée de Schoënbrwi, pour peupler Trianon. On adopta le goût et l'exemple de la reine. On construisit des serres ; on les garnit de plantes achetées à grands frais ; les fleurs entrèrent dans les spéculations du commerce. La fantaisie d'un .souverain suffit pour créer une industrie. Quel

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