‹ Mâemoires du marquis de Ferriáeres (volume 2)Chapitre 22 sur 54 · XXVI NOTICE · texte numérisé non relu

XXVI NOTICE

accroissement de richesses la Flore française ne doit-elle pas à l'amour de Joséphine pour la botanique !

Depuis long-temps , M. de Besenval voyait la révolution s'avancer. Il s'en affligeait d'autant plus , qu'il pressentait le sort du roi , dont il respectait les vertus, dont il chérissait la bonté , dont il connaissait le penchant à se défier de lui-même et des autres. « Rien, comme on l'a dit , ne rend plus faible que de sentir sa faiblesse. » Mais le baron de Besenval se trompait, en imputant cette grande insurrection aux livres des philosophes. N'assignons pour cause à la révolution , ni tel ou tel livre hardi , ni la guerre d'Amérique , ni l'état des finances , ni même les fautes du gouvernement -, mais toutes ces causes réunies. Le progrès des lumières la rendait plus que probable , et la corruption devait la rendre funeste.

L'instruction régulière du procès de M. de Besenval commença le 19 novembre 1789. Au nombre des pièces rassemblées sous ses yeux pour établir sa défense , il aperçut un ordre signé Louis , et portant ces mots : « Le baron de Besenval repoussera la force par la force . » Il s'empara de cet ordre et le déchira. « Quelle impru- )> dence ! s'écria M. de B... , procureur de l'accusé } notre )> plus beau moyen ! — Mon cher défenseur , lui répon- » dit M. de Besenval , ce bout de papier plairait trop aux )) ennemis du roi \ n'ajoutons pas à ses malheurs. — » Mais, répliqua M. de B... , le roi n'est pas prison- » nier. — Etes-vous bien sûr de cela, reprit son géné- » reux client ? » et, quoi qu'il put dire, il n'ébranla point l'homme de loi qui n'entendait rien en sacrifices , et; pour qui de pareils sentimens étaient à peu près romanesques.

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