‹ Mâemoires du marquis de Ferriáeres (volume 2)Chapitre 7 sur 54 · SUR LE BARON DE BESENVAL. IX · texte numérisé non relu

SUR LE BARON DE BESENVAL. IX

duc de Choiseul , on pardonnerait à M. de Besenval une évaluation trop complaisante des talens de cet homme célèbre : rien n'est moins offensant que les erreurs de l'amitié. Mais celle du baron de Besenval n'est point aveugle. En accordant au duc de Choiseul le génie des affaires, une perception rapide, un coup d'oeil pénétrant, une facilité rare , il semble reconnaître que tout ce ministère ne fut qu'une illusion brillante. Nous n'aimons pas qu'il insiste sur la gaieté du duc de Choiseul , sur l'élégance de ses mœurs , sur le charme de sa conversation. Sully n'était point aimable. Au reste, le duc de Choiseul eut le mérite de dédaigner l'appui d'une courtisane (i) , et son exil releva plus son caractère , que le travail de son administration n'honora sa politique. Le baron de Besenval obtint la permission de suivre M. de Choiseul à Chanteloup. Un ambitieux n'eût pas demandé cette grâce-là.

Louis XV mourut épuisé par les fatigues de la débauche , accumulant les fautes et les malheurs de deux règnes sur l'avenir de son successeur (2) , et traînant au tombeau ce sumomde bien-aimc , qui n'étaitplus qu'une injure.

Introduit à la cour de Louis XVI , le baron de Besenval y jouit presque aussitôt d'une bienveillance dont l'affection de S. A. R. M. le comte d'Artois fut le premier degré (ce prince était , depuis 1775. colonel-géné-

(1) Madame du fiarry.

(?) Louis XIV, en mourant, laissa deux milliards six cents millions de dettes , à 28 livres le marc.

Louis XV emprunta plus d'onze cents millions dans la guerre de 1 756 9 et que ne cr>ûta point la guerre de 17 \\ !

(Voltaire.)

Page 1