‹ Mâemoires du marquis de Ferriáeres (volume 2)Chapitre 8 sur 54 · X NOTICE · texte numérisé non relu

X NOTICE

rai des Suisses ). Le général plut au roi , non par les agrémens , auxquels Louis XVI attachait peu de prix, mais par cette franchise adroite qu'un homme exercé montre à propos , et retient encore mieux. Admis dans le cercle que la reine s'était formé, le baron y porta tout ce qui réussissait auprès d'elle : une galanterie délicate, un esprit enjoué, l'art de raconter, d'enjoliver des riens , et même un peu de médisance , comme on la prépare à la cour. En inspirant le désir de lui plaire , cette princesse en rendait les moyens faciles. Ennemie de la contrainte , elle s'en débarrassait dans les habitudes d'une condition privée. De là cette familiarité dont on a tant calomnié les motifs , et qui n'était qu'un besoin d'échapper à son rang.

Le baron de Besenval jouissait d'un assez grand crédit dont il n'abusa point. On lui reproche , dans la Biographie , la prétention affichée d'influer sur le choix des ministres. Il suffisait de dire, d'après lui, qu'il ne fut pas inutile à la nomination du maréchal de Ségur au ministère de la guerre. Cette nomination put étonner; mais elle ne déplut qu'à ceux qu'elle écartait-, elle n'alarma que ceux qui s'enrichissaient du désordre. Les fonds de l'administration de la guerre étaient livrés à l'émulation du pillage. En y plaçant un homme incorruptible, on allait au plus pressé. M. de Ségur fit succéder l'économie la plus sévère à des déprédations effrontées $ il retrancha les dépenses superflues , et modéra les dépenses nécessaires. Il pesa les droits de ceux qui sollicitaient \ il repoussa de grands noms qui ne méritaient rien -, il se refusa même à de hautes recommandations prodiguées ou surprises , ne demanda rien pour sa famille , et se retira pauvre. L'archevêque de Toulouse parvint au ministère

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