‹ Mâemoires du marquis de Ferriáeres (volume 3)Chapitre 100 sur 151 · CHAPITRE Y. ig · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y. ig

)) crëté qu'aucune troupe armée ne serait admise » à se présenter à la barre , ni à défiler devant elle , » et que les citoyens ne pourraient se réunir en » armes sous prétexte de présenter des pétitions. » Merlin ( de Thionville ) et Couthon ont fait les » motions de décréter que le roi ne pût apposer » son veto sur les décrets de circonstance : on n'a » seulement pas voulu les entendre. Le roi a écrit » à l'Assemblée une lettre très-sage et très-cou- » rageuse , par laquelle je terminerai ma longue » narration. L'Assemblée nationale a déjà con- » naissance des événemens de la journée d'hier ; » Paris est sans doute dans la consternation ? et la )) France ne les apprendra pas sans douleur. Je » laisse à la prudence de Y si ss emblée à maintenir » la constitution et la liberté individuelle du re- » présentant héréditaire du peuple.

n P. S. J'oublie de vous dire que je suis allé » hier au soir à l'Assemblée , entendre le rapport » de Pétion. Il a surpassé toute expression pour » l'audace et la bêtise. Il ose commettre des cri- » mes , mais il n'a pas assez d'esprit pour les pallier. » Il avait dit aux brigands dans les appartemens : » Amis et amies , citoyens et citoyennes , finissez » la journée avec autant de calme comme vous » l'avez commencée. Vous vous êtes montrés à la » hauteur de la liberté , faites comme moi et allez » vous coucher. »

L'armée témoigna son mécontentement y La Fayette osa s'en séparer et venir à Paris. La guerre

ig6 MÉMOIRES DE WEBER.

se poussait assez mollement aux frontières > pour que l'absence du général ne dérangeât rien aux opérations insignifiantes qui s'y faisaient , depuis les échauffourées honteuses de Tournay et de Mons. Lorsqu'il arriva à Paris , les grenadiers de la garde nationale vinrent encore entourer leur ancien chef, et lui firent une garde d'honneur à son hôtel. Il se présenta à la barre de l'Assemblée. Il y dénonça les jacobins , il s'en déclara l'ennemi, il les menaça de la vengeance de l'armée. Les jacobins , à leur tour , l'accusèrent d'être l'auteur des massacres du Champ-de-Mars , de calomnier l'armée , d'être membre du comité autrichien qui donnait des conseils secrets à la cour , de s'entendre avec la reine pour livrer la France aux ennemis. Le lendemain de son arrivée , on avait annoncé une revue de toute la garde nationale parisienne , aux Champs- Elysées , par ce général des constitutionnels ; mais il ne s'y rassembla qu'un petit nombre des bataillons. La cabale, qui avait imaginé d'appeler M. de La Fayette à Paris , désirait que la cour parût à cette revue ; mais le roi méprisant les petits moyens de cette cabale , et voyant que rien n'était ni assez prêt , ni assez fortement combiné pour un mouvement véritablement grand et utile , refusa de se prêter aune démonstration dangereuse. La Fayette se sauva le surlendemain à son armée. Un jour de plus à Paris , sa personne n'y eût pas été en sûreté , tant les jacobins et la faction d'Orléans mirent d'activité et d'audace dans leurs manœuvres , soit

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