‹ Mâemoires du marquis de Ferriáeres (volume 3)Chapitre 111 sur 151 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Tous les postes y furent triplés ; huit à neuf cents hommes des gardes-suisses y étaient arrivés depuis deux jours. L'état-major de la garde nationale y avait envoyé environ quatre mille six cents hommes. Les mesures, prises d'ailleurs pour la défense de l'intérieur , se réduisirent à placer à la hâte des barrières à l'entrée des cours , et à ranger en bataille vis-à-vis la grande porte quarante grenadiers des Filles-St. -Thomas et autant de gendarmes. Les gardes-suisses ( 1 ) furent postés au bas des escaliers du roi et de la reine. Trois cents personnes, environ , parmi lesquelles d'anciens militaires distingués par leur rang et par leur bravoure , étaient distribuées dans les appartenons où elles s'étaient empressées de se rendre dans la soirée , à la première nouvelle des nouveaux dangers que courait la famille royale.

Pétion parut à minuit : sa visite avait pour objet apparent de rassurer la cour sur les préparatifs de l'insurrection, et pour objet réel de connaître ceux qu'elle avait faits pour sa défense. Quelques grenadiers des Filles-St.-Thomas , dont il fut à l'instant entouré, avaient résolu de le retenir en otage. Un décret de l'Assemblée l'appela dans son sein , et aussitôt les passages lui furent ouverts pour ne

(1) Les Suisses ne s'abusaient pas sur le danger de leur position. L'auteur des Détails particuliers sur la Journée du 10 août rend compte à ce sujet d'une conversation qu'il eut avec M. de Luze, officier suisse. Nous en donnons un extrait dans les pièces justificatives ( Note H ). ( Note des nouv. éditj

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pas donner, par sa détention , un prétexte aux rebelles de commencer les hostilités.

Vers cinq heures du matin Sa Majesté se montra sur son balcon (i) pour marquera la garde et aux renforts placés dans l'enceinte des cours > sa satisfaction du zèle qu'ils témoignaient pour sa défense; à sa vue il s'éleva un cri presque général de vive le roi ! Il descendit alors dans la cour royale , pour y faire la revue des troupes dont elle était remplie ; les acclamations redoublèrent. Il nous était cependant impossible de croire à la sincérité de tontes. Dès la veille, plusieurs canonniers s'étaient permis , en notre présence , les menaces les plus effroyables contre la cour. Demain , disaient-ils , en montrant avec des gestes furieux le balcon du château , demain nous ferons justice de tous ; nous épargnerons peut-être le roi , mais le reste , tout le reste sera exterminé.

(ijUn témoin oculaire, dont le récit s'accorde avec celui de Weber , ne cessa de considérer le roi pendant qu'il était sur le balcon. Voici le portrait qu'il a fait de ce malheureux prince : «Tl était revêtu d'un habit violet uni , conservant encore sa coiffure de la veille, dont un côté seulement paraissait dérangé; le teint animé; les yeux gros et rouges. On jugeait 'à son extérieur qu'il me s'était pas déshabillé de toute la nuit, mais que, appuyé sur un coussin , il avait pu prendre quelques instans d'un sommeil, hélas! trop souvent interrompu. » {Détails sur le 10 août , p. 66) Le roi fut applaudi avec enthousiasme pendant tout le temps qu'il resta sur îe balcon. Les soldats mirent leurs chapeaux sur la pointé des sabres ou des baïonnettes. Les applaudissemens continuèrent encore quelques momens après qu'il se fut. retiré. Ce sont les derniers que l'infortuné prince ait reçus.... {Note de* nom», èdti

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