CHAPITRE V
» sort que vous m'annoncez ; j'aurais seulement » cru , ajouta-t-il , qu'on m'aurait interrogé. »
Sur cette réponse , l'officier municipal s'approcha de la porte, et apercevant que le peuple ne voulait pas attendre , il lui rappela « qu'il avait pro- » mis d'obéir à la loi , qu'il l'avait juré , » et il demanda à cette horde affamée de sang , s'il pouvait compter sur sa promesse ? Il ajouta , pour fo disposer à l'écouter : « Voulez-vous permettre , mes » camarades , mes concitoyens , que M. de Rhu- » Hères se rende au greffe pour être interrogé ? » Ils se mirent à hurler tous ensemble : Oui , oui , qu'il vienne , mais qu'il se dépêche.
Le chevalier de Rhulières fut donc emmené à deux heures du matin , le 5 septembre , pour subir son interrogatoire devant le tribunal populaire établi dans la chambre du concierge.
Une heure- après , on vint chercher de la même manière le chevalier de la Chesnaye. Inquiets sur le sort du chevalier de Rhulières , nous nous hasardâmes de demander au guichetier ce qu'il était devenu ? « N'ayez aucune inquiétude à son égard, » nous répondit-il , il y a déjà long-temps qu'il » est à l'Abbaye. »
Ne sachant pas que cette phrase signifiait que l'infortuné avait été massacré à la porte de l'hôtel , aucun de nous ne s'en affligea ; nous nous félicitions au contraire d'apprendre que le ciel avait conservé les jours d'un homme aussi intéressant que le chevalier de Rhulières ; et nous conçûmes dès