II. I
lors bien moins d'inquiétudes sur le chevalier de la Chesnaye qui avait dans sa poche , pour sa justification particulière > les réquisitions de l'Hôtelde-Ville , du comité de surveillance et de la commune ,par lesquelles on lui ordonnait, le 10 août , de repousser , en cas d'événement y la force par la force. Nous étions loin d'imaginer que ce qui devait le justifier serait au contraire le signal de sa mort.
Ayant vu enlever ainsi ces deux braves et loyaux gentilshommes , accusés du crime de lèse-nation , et sachant que j'étais détenu pour la même cause , je m'attendais à chaque instant au même sort.
Je pris sur - le - champ le cahier qui contenait mon procès et les réponses de toutes les questions et inculpations que l'on pouvait me faire ; je le relus avec la dernière attention , afin d'être prêt à tout événement. § *
Le départ des chevaliers de Rhulières et de la Chesnaye avait réduit notre chambrée à MM. de Saint-Brice , baron de Battencourt , Poupart-de- Beaubourg et moi ; MM. Le Fauchet, de La Mer- Hère et Magontier ayant été élargis quelques jours auparavant.
A quatre heures du matin , le chevalier de la Chesnaye que nous attendions avec la plus grande impatience pour savoir enfin de quoi il s'agissait y n'était pas de retour ; les cris continuaient dans la rue sans interruption ; les prisonniers logés à côté , au-dessus et au-dessous de notre chani-