‹ Mâemoires du marquis de Ferriáeres (volume 3)Chapitre 14 sur 151 · AV · texte numérisé non relu

AV

l/\ . MEMOIRES DE AVEBER .

Sa Majesté. Il prit la fédération pour prétexte de sa rentrée en France ; sa qualité de député lui imposant, disait-il, le devoir d'y assister. Avant de quitter Londres , il adressa à M. de La Touche, son chancelier, aussi membre de l'Assemblée, un mémoire qu'il lui ordonna de lire à la tribune : il y exposait que son séjour était désormais inutile en Angleterre pour le service du roi , et qu'il ne pouvait avoir égard aux représentations faites par un aide-de-camp envoyé par M. de La Fayette pour lui faire entendre que les motifs qui avaient rendu son voyage nécessaire subsistaient encore , et que sa présence servirait de prétexte aux gens mal intentionnés pour exciter les plus grands troubles. Après la lecture de cette lettre , M. de La Fayette répéta ce que son aide-de-camp avait dît de sa part au duc d'Orléans. L'Assemblée, qui n'avait pas de raisons pour tenir le duc d'Orléans éloigné , passa à l'ordre du jour. Le prince arriva, et bientôt l'Assemblée nationale et toute la France furent plus agités que jamais. Le parti révolutionnaire lui-même se divisa , et forma deux nouveaux partis , qui , malgré qu'ils ne fussent séparés que par quelques nuances d'opinion , furent toujours par la suite plus acharnés l'un contre l'autre , que contre les partisans de l'ancien régime.

Je vis le duc d'Orléans aux Tuileries , le premier jour qu'il reparut à la cour, à son retour de Londres. Dans sa première entrevue avec le roi, Sa Majesté lui dit ces paroles qui peignent si bien son

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