CHAPITRE IV. !>I
de vouloir bien secourir le maitre-d'hôtel du roi , eut enfin la satisfaction d'apprendre par eux, que Ton était parvenu à le sauver en lui ménageant une retraite dans le château.
Le jeune duc Amédée de Duras, premier gentilhomme de la chambre , et le sieur de Mondragon , maître-d'hôtel du roi, furent également maltraités par les grenadiers.
M. de La Fayette, toujours timide et toujours mené par les évéuemens, se contenta de haranguer les hordes à la place du Carrousel, en dehors des cours du château , et de demander au roi ses ordres pour repousser la multitude. 11 fit semblant de vouloir protéger le départ de la cour, malgré la résistance unanime de la populace ; mais celleci ne fut pas effrayée de ses menaces ; elle lui rappelait qu'il avait dit le premier, que V insurrection était Je plus suint des devoirs.
Le roi , après avoir été dans cette situation pendant une heure , descendit enfin de voiture et remonta au château , le cœur brisé du nouvel outrage qu'il venait de recevoir ( i ).
(i) L'émeute qui eut lieu à l'occasion du voyage deSt.-Cloud , passe pour avoir été provoquée dans le bat de prouver la captivité du roi et de justifier son évasion , si plus tard elle pouvait avoir lieu. M de La Fayette pria d'abord Louis XVI et la reine de ne pas monter en voiture que tout ne tut tranquille; quand Leurs .Majestés y furent une fois montées, M. de La Fayette les priait de n'en pas descendre, voulant leur ouvrir passage ; mais le roi et la reine remontèrent dans leurs appartenons. M. de La Fayette, dont l'autorité fut, pour la première fois, méconnue de la garde nationale,
Il se rendit à l'Assemblée , se plaignit de l'opposition qu'on avait mise à son voyage à Saint-Cloud, et déclara que , pour dissiper les bruits cp'on répandait dans l'Europe , sur la contrainte qu'on disait exerce'e à son égard , il était nécessaire que ce voyage ne fût pas différé. Il protestait en même temps de son attachement à la constitution. Il reçut beaucoup d'applaudissemens ; mais cependant l'Assemblée ne prit aucune délibération sur l'émeute qui avait empêché Sa Majesté départir. Seulement , l'administration départementale, composée de membres de l'Assemblée , se plaignit , dans une proclamation, de l'excès du patriotisme des habitans de Paris; elle leur déclara qu'ils n'avaient aucun droit de s'opposer aux volontés du monarque , et que c'était à la ville de Paris , surtout , à prouver que le roi était parfaitement libre. (
Depuis six mois il avait été présenté au roi plusieurs plans pour s'échapper de Paris. Mirabeau lui-même , quelque temps avant sa mort , en avait remis un à M. de Montmorin, par lequel il conseillait au roi de se transporter subitement ou à Compiègne , ou à Fontainebleau ; de s'y entourer de quelques troupes fidèles , pour lui fournir
donna sa démission, et ne reprit le commandement que sur les instances de la municipalité , et de tous les bataillons qui lui jurèrent une obéissance à laquelle ils n'avaient manqué que ce jour-là. Quant au culte , il avait offert au roi son appui pour le libre exercice de sa religion; mais les évêques consultés par le prince lui conseillèrent , dit-on , de s'en abstenir. ( Noie des nouv. èdit. )