‹ Mâemoires du marquis de Ferriáeres (volume 3)Chapitre 43 sur 151 · CHAPITRE TV · texte numérisé non relu

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btte fille, mi valet de chambre et deux femmes. Elle avait fait demander à M. de Montmorin, par M. de Simolin, ministre de Russie à Paris, un passe-port pour elle et sa suite. M. de Fersen convint d'abord avec elle , que dès qu'elle aurait passé la frontière , elle lui renverrait ce passe-port désormais inutile à elle ; mais réfléchissant ensuite qu'un accident imprévu pou vait empêcher ce passeport de lui parvenir au temps précis où il était indispensablement nécessaire, il pria madame de Korff de feindre que ce passe-port avait été jeté au feu par mégarde, et de prier M. de Simolin d'en demander au ministre un second qu'elle remettrait à lui, Fersen; ce qui fut fait.

La seconde précaution fut d'avoir trois hommes sûrs qui pussent servir de courriers : le roi et la reine pensèrent que trois gardes-du-corps seraient ce qui conviendrait le mieux dans cette circonstance , et , pour cette espèce de service , ils envoyèrent chercher le comte d'Agoult , aide-major de cour , pour le charger de la commission de trouver ces trois hommes. La reine, sans lui confier le secret du voyage , lui demanda trois gardes-ducorps pour porter des dépêches , comme il en avait donné en d'autres occasions ; ajoutant que tout ce qu'elle demandait , c'était qu'ils fassent fidèles , et assez robustes pour soutenir cette espèce de fatigue de courir à franc étrier ; mais qu'elle n'avait pas besoin qu'ils fussent remarquables par leur intelligence.

Le comte d'Agoult, trompé sur l'objet de cette commission , s'attacha principalement aux qualités que demandait la reine ; cependant , entre les trois gardes-du-corps qu'il choisit , il s'en trouvait un qui possédait de plus beaucoup d'intelligence et d'activité , mais aucun des trois ne connaissait Paris. Il les mena au château pour les faire voir au roi et à la reine , afin que l'un et l'autre pussent connaître leurs noms et leur figure. Le jour du départ, ils eurent ordre de se tenir dans les cours à l'heure convenue, pour accompagner la famille royale jusqu'à la voiture , où ils trouveraient ce qui était nécessaire pour partir en courriers.

Enfin tous les obstacles levés et les préparatifs faits , la nuit du 20 au 21 juin , le roi et la famille royale ayant soupe comme à l'ordinaire , se retirèrent vers les dix heures et demie comme pour se coucher. Peu de temps après ils se rendirent dans l'appartement de madame Royale , où madame de Tourzel porta le jeune prince , et on se prépara à sortir par la chambre dont j'ai parlé, et dont la reine avait secrètement ouvert la communication qui donnait dans l'appartement vide de M. le duc de Villequier. Le roi, qui devait passer pour le valet de chambre de madame de KorfF, avait un habit gris et une perruque qui le déguisait assez bien ; le reste était mis très-simplement. J'ai ouï dire , mais je ne sais plus à qui , que quelques jours auparavant on faisait sortir, les soirs , le chevalier de Goigny par la porte de la cour qui donnait près de

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