‹ Mâemoires du marquis de Ferriáeres (volume 3)Chapitre 61 sur 151 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

cri unanime de vive le roi! fut la réponse de ces braves gens. Le général augmenta encore ces bonnes dispositions , en leur distribuant trois ou quatre cents louis qu'il avait sur lui.

M. Deslon , qui commandait les cent hussards de Dun, n'avait pas attendu les ordres de M. de Bouille pour remplir ses intentions. Il apprit l'arrestation du roi à Varennes , par les officiers qui en allaient porter la nouvelle au général ; il partit surle-champ pour tenter de le délivrer, laissant seulement vingt -quatre hommes et un officier pour garder le passage de la Meuse à Dun. Il fît une telle diligence, que dans une heure et demie il fît, avec les hussards, un trajet de cinq lieues, de Dun à Varennes : a cinq heures, il était devant cette dernière ville. Son projet était d'attaquer sur-le-champ. La vue des barrières le força d'y renoncer : le poste avancé de la garde nationale offrit de le conduire à la municipalité; il s'y refusa, et demanda à entrer dans la ville pour rejoindre les hussards qui y étaient : on lui dit que le roi le lui défendait. Certain alors que le roi était encore dans la ville , il demanda à lui aller rendre ses hommages. M. de Sigemont , qui commandait la garde nationale, y consentit, mais pour sa personne seulement : il lui engagea sa parole qu'il serait en sûreté ; qu'il pourrait parler seul au roi, et lui donna même un otage . le but de M. Deslon était de faire connaître au roi les secours qui allaient arriver, de reconnaître les barricades en dedans, et de savoir s'il pourrait

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être secondé par les hussards qui étaient dans la ville. Il désespéra de tout secours de ce côté-là, ety par conséquent , de pénétrer de force dans Varennes , lorsqu'arrivé près de la maison du roi , il vit près de trente hussards à cheval : c'était ceux qu'avaient amenés MM. de Choiseul, de Goguelas et de Boudet.

Cependant, M. de Sigemont l'introduisit près du roi et lui permit même , après quelques difficultés, de lui parler sans témoins. M. Deslon expliqua en peu de mots à" Sa Majesté l'obstacle que les barricades mettaient à son zèle, mais lui annonça l'arrivée prochaine de M. de Bouille avec royalallemand que cet obstacle ne pouvait arrêter; il répéta cela trois fois ; mais tel était l'accablement de ce malheureux prince, que M. Deslon a cru qu'il ne l'avait pas entendu : il lui demanda enfin ce que Sa Majesté lui ordonnait de dire à M. de Bouille, ce Vous pouvez lui dire , reprit le roi , que n je suis prisonnier, que je crains bien qu'il ne » puisse rien faire pour moi; mais que je lui de- » mande de faire ce qu'il pourra. » M. Deslon parla aussi à la reine; mais comme elle était près de M. de Sigemont, il lui adressa la parole en allemand. Cette princesse se plaignit avec amertume des duretés qu'elle éprouvait , et lui dit : « Qu'on » ne voulait pas même la mener à Verdun pour s'y » reposer. » Le roi fit cesser promptement cet entretien, qui sans doute paraissait suspect. M. Deslon prit congé , et demanda tout haut les orxlres

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