‹ Mâemoires du marquis de Ferriáeres (volume 3)Chapitre 81 sur 151 · CHAPITRE V. l5j · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. l5j

reusement ce parti n'avait ni l'activité, ni le courage, ni l'esprit de suite, ni l'obstination, ni la tactique du parti républicain ; aussi sa lutte impuissante contre ce dernier ne servit-elle qu'à lui faire augmenter la liste des aristocrates et des royalistes que l'on proscrivit.

Les premiers promoteurs de la république à cette époque furent les deux législateurs Brissot, Condorcet, et le nouveau maire de Paris, Pétion. Le parti désorganisateur, qui présida à toutes les insurrections, fut également dirigé par trois législateurs, Chabot , Bazire et Merlin; car c'est une chose digne de remarque, que dans ces deux premières assemblées les principes affichés par un parti furent presque toujours propagés , et les mouvemens révolutionnaires inspirés par une espèce de triumvirat (i).

Ce parti se rapprochait et se séparait parfois d'un club nouveau qui venait de se former dans l'ancienne église des Cordeliers, et dont les principaux chefs furent Danton et Camille Desmoulins, deux des plus audacieux scélérats que la révolution

(i) Ainsi l'on avait représenté et dénoncé précédemment la haute aristocratie sous les noms de Maury , Cazalès et Malouet; les monarchistes anglicans avaient été Lally , Bergasse et Mounier ; les constitutionnels moitié anglicans, moitié américains, étaient rangés sous les drapeaux de Bailly, La Fayette et ÎN'ecker ; une autre classe de constitutionnels avait pour chefs Lameth , Duport etBarnave; enfin les républicains étaient rangés sous les drapeaux de Pétion , Buzot et Robespierre. W.

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ait enfantés , et qui , malgré les crimes et les violences qu'ils excitèrent, finirent cependant par être susceptibles de remords et capables d'indulgence , ce qui les perdit. C'est dans ce club que se réfugia ce qui restait de la faction d'Orléans. Quant au chef de cette faction , il serait fort difficile de dire à quel point il participa aux mouvemens révolutionnaires de cette époque. Ses manœuvres et ses libéralités furent assez obscures , et l'on serait tenté de le croire personnellement étranger aux manœuvres de ces dix mois , si l'on ne le voyait, aussitôt après le i o août , reparaître triomphant à la tête de sa faction.

Les vrais royalistes s'étaient divisés alors en deux partis ; les uns avaient cru devoir rester auprès de la personne du roi constitutionnel, afin de défendre , au péril de leurs jours , le chef et les individus de la famille royale qui étaient à Paris, exposés aux coups des factieux. L'autre partie s'était crue obligée par devoir, par honneur, par l'exemple, à se réunir à l'armée que les deux princes , frères du roi , organisaient dans les électorats ecclésiastiques. Toute la noblesse française accourait auprès des princes , du fond même des provinces les plus éloignées. Quelque chose qu'on ait pu dire, après l'événement, sur l'imprudence et la mauvaise combinaison de ces rassemblemens , on ne peut s'empêcher de convenir qu'ils avaient quelque chose de brillant et digne de l'ancienne chevalerie , que ce sera , pour tous les temps et pour toutes les

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