CHAPITRE V
d'apprendre, presque dans le même mois, la mort de son frère , celle de cette auguste victime de l'amour conjugal , Marie-Louise , qui suivit bientôt son ëpoux au tombeau ; la déclaration de guerre à son neveu , et l'assassinat de ce héros du Nord qui lui avait promis d'être son chevalier , et qui périt victime du régicide , au moment où il se préparait à venger la cause des rois (1).
Les furies ont secoué leurs torches , et nous allons voir se lever le jour affreux du 20 juin.
Pour mieux représenter cette journée , je la reprendrai d'unpeuloin,en résumant les circonstances qui l'amenèrent.
Insurrection du 20 juin 1 792 .
Pour ne pas scandaliser les âmes honnêtes , je ne me permettrai pas de citer toutes les espèces de libelles et de caricatures que les jacobins et leurs afïidés firent pleuvoir à cette époque sur la famille
» même année.» Amnistier les crimes ce n'était pas les approuver, et les expressions dont on s'est servi prouvent qu'on avait une espèce de pudeur. De plus , l'historien aurait dû dire que, le 18 août suivant , M. de Vaublanc parla avec énergie contre ce décret, dont il provoqua le rapport. {Note des nouu. édit.)
(i)S. M. l'empereur Léopold mourut au commencement du mois de mars 17925 le 29 du même mois, Gustave III, roi de Suède, fut assassiné par Ankastroom ; le 20 avril ,1a guerre Tut déclarée au roi de Bohême et de Hongrie , et quelque temps après mourut l'impératrice Marie -Louise ; veuve de Léopold I.
l68 MÉMOIRES DE WEBER.
royale. La décence exige que je passe aussi sous silence les déclamations de leurs orateurs dans les lieux publics , pour animer de plus en plus la populace contre la cour. Je me bornerai seulement à exposer les moyens qu'ils employèrent pour faire naître une nouvelle insurrection qui devait les conduire au but qu'ils s'étaient proposé depuis le commencement de la révolution , c'est-à-dire au massacre de la famille royale dans une émeute.
L'Assemblée nationale , les jacobins et la municipalité firent publier, de concert , dans les journaux démocratiques , différentes lettres , pour persuader à toutes les puissances que le roi constitutionnel jouissait de toute sa liberté.
Louis XV I , pour ne pas exposer sa famille et les gens de bien à de nouveaux outrages , se vit forcé de signer l'espèce de proclamation qu'on lui présenta sur cette prétendue liberté. Chaque ligne de cette déclaration était démentie par le fait . Peu de temps après, Sa Majesté fut également contrainte de sanctionner le décret qui ordonnait aux ecclésiastiques de prêter un serment contraire à la discipline et aux lois de l'Eglise , ou de quitter le royaume.
Le roi s'y était long-temps refusé; mais pour l'y déterminer, les jacobins eurent recours à leurs moyens ordinaires, les attroupemens sous les fenêtres du château des Tuileries. Les soudoyés y venaient crier « qu'ils se livreraient à tous les excès » contre les prêtres , si le roi refusait plus long-