CHAPITRE V. l
» cher vers la capitale.... Le peuple veut absolu- » ment finir la révolution... Devez-vous , pouvez- » vous V empêcher ? Approbation , applaudisse- » mens forcenés , vaines réclamations du côté » droit; décret qui ordonne l'impression, la men- » tion honorable et l'envoi aux quatre-vingt-trois )) départemens. Le côté droit prit sa stérile revan- » che, en couvrant des mêmes applaudissemens » un arrêté sage et ferme , pour lequel le direc- » toire du département avertissait les citoyens du » projet des factieux de se porter à de nouveaux » attentats, et enjoignait au maire, à la munici- » palité , au commandant-général de prendre sans » délai toutes les mesures qui étaient à leur dis- » position pour empêcher tous rassemblemens il- » légaux, et défaire toutes les dispositions de la » force publique y nécessaires pour contenir et ré- » primer les perturbateurs du repos public.
» Hier matin, mercredi 20 juin, un arrêté s'est m trouvé affiché partout à la pointe du jour. Mais
imposantes que celles que vous avez décrétées. Ordonnez, et nous marchons avec la capitale sur les frontières. Le peuple veut absolument finir une révolution qui doit assurer son bonheur, son salut et sa gloire ; il veut vous sauver en se sauvant lui-même : vous ne refuserez pas l'autorisation de la loi à ceux qui veulent mourir pour la défendre. » L'impression de ce discours et l'envoi aux quatre-vingt-trois départemens furent mis aux voix. La première épreuve fut incertaine , et ce n'est qu'à la seconde qu'ils passèrent, ce que l'historien aurait dû faire remarquer. Il semble, d'après son récit, que le décret eut une grande majorité.
( Note des noup. éciit. )
l84 MÉMOIRES DE WEBGR.
» l'infâme Pétion et l'imbécille Romainvilliers n'a- » vaient garde de le mettre à exécution. On s'est » moque du département et les deux faubourgs se » sont mis en marche . L'Assemblée a ouvert sa séance » par un ballet pantomime que les jeunes garçons » et les jeunes filles de Saint-Denis, formés en » groupes fleuris et jolis , suivant l'expression i) d'un orateur , sont venus danser devant les légis- » lateurs (i). Les groupes fleuris sont invités aux » honneurs de la séance. Arrive ensuite le direc- » toire du département. RoL'derer annonce , au « nom de tous ses collègues, que la loi est vio- » lée , que les autorités constituées sont nié- » connues , qu'un rassemblement d'hommes ar- » mes a lieu en ce moment , qu'ils marchent vers » l'Assemblée et le château , voulant appuyer une * pétition par la force des armes (2). Le direc- » toire demande que la loi reste intacte , et que » l'Assemblée n'admette pas dans sa présence des » citoyens rebelles. On délibère : M. Vergniaud » s'écrie : Qu'on injurie le peuple en lui supposant » de mauvaises intentions ; qu'à la vérité une loi
(1) Si jamais des plaisanteries furent déplacées, c'est particulièrement dans le récit de cette journée, qui figure au nombre de celles où la révolution n'eut rien que de hideux. Beaucoup de relations furent publiées , et toutes sont remarquables par beaucoup d exactitude dans les faits, mais aussi par l'esprit de parti qui caractérise les réflexions de leurs auteurs. Nous rapporterons quelques passages de ces relations dans la note G. {Note des nouv. édit.) - (a) M. Bœlercr, procureur-svndic du département de Paris, s'exprima avec une gran'e énergie. 11 termina son discours pai