CHAPITRE V. ÏOO
» défend de déployer V appareil des armes dans le » sanctuaire de ta législation, mais que ÏJssem- » Idée a déjà tant de fois enfreint cette loi par » des contraventions, sans doute bien excusables , » quelle peut bien l'enfreindre une fois de plus. » Des commissaires de police font dire , qu'ils ne » peuvent contenir le peuple attroupé , armé , sur » le boulevard de l'Hôpital. Une lettre deSanterre )) arrive. Les habitans des faubourgs Saint-An- » toine (i) célèbrent aujourd'hui l'anniversaire » du jeu de paume ; ils demandent à défiler de- » vant l'Assemblée. M. Ramond demande qu'ils » soient tenus de déposer leurs armes avant d'en- » trer. Le président annonce que la réunion n'est » que de huit mille hommes, et qu'ils demandent à » entrer. M. Ramond insiste sur le désarmement. » On met aux voix s'ils entreront. Un huissier » ouvre la barre, ils entrent, des membres se ré- » crient; l'huissier dit qu'il a cru le décret rendu. » On le rend en présence des pétitionnaires, et on
exhorter l'Assemblée à ne pas admettre ces députations en masse. « Comment pourrions-nous , lui disait-il , îépondre de votre sû- » reté, si la loi ne nous en donnait le moyen, ou si le moyen » était atiaibli dans nos mains par votre condescendance à recevoir « dans votre sein des multitudes armées? Nous demandons à être » chargés de tous nos devoirs , à être chargés de toute notre respuuv sabiliié. Nous demandons que rien ne diminue l'obligation où » nous sommes de mourir pour le maintien de la tranquillité pu - » blique. » {Note des nouu. édit.)
(i) Rt Samt-Marceau (éyidemmcnf oublié dans le récit).
( Note des noiu\ édit.)
l&t> MÉMOIRES DE WEBER.
» décrète qu'ils seront admis après qu'ils sont en- » très. Le peuple est prêt à se venger, dit l'ora- » teur, et si le roi s écarte de la constitution, il » n'est plus rien. On défile depuis onze heures » jusqu'à quatre heures et demie , hommes , fem- » mes, ouvriers, mendians, visages noircis avec » du charbon pour se rendre plus hideux , les uns » à moitié ivres, les autres à demi nuds; pour » armes, des piques, des fourches, des faux, des » broches , des tenailles , des crocs , des massues , » des guillotines (i); pour drapeaux des haillons, » des torchons sanglans , des culottes ( excepté » les pelotons de gardes nationales semés parmi eux, » qui avaient leurs fusils et leurs drapeaux) ; des » fifres , des tambours , des chants , des cris , des » hurlemens , des applaudissemens continuels de » l'Assemblée et des tribunes , formaient une mu- » sique digne de cette séance et de ce théâtre in- » fernal. Enfin , M. Santerre a fini par offrir à » l'Assemblée , au nom des deux faubourgs réunis, » un drapeau ; l'Assemblée l'a accepté , et le pré- >» sident a invité ces messieurs à respecter la loi » dans leurs plaisirs. Voilà pour l'Assemblée ; » passons au château.
» A onze heures , le roi avait ordonné qu'on » fermât les Tuileries. A midi et demi on est
(1) Une guillotine pour arme est peu facile à concevoir. Il est probable que si , comme l'historien le prétend dans son énumération , le.funeste instrument figurait là , c'était comme enseigne et comme épouvanta il. ( Note des noiw. édit. )