HÔPITAUX ET ENF ANS-TROUVÉS
Ces établissemens, comme tous les établissemens publics en France , étaient formés d'après un ordre de choses qui n'existe plus dans le régime actuel ; c'est-à-dire que les charges restent, et qu'une partie des moyens de les acquitter s'est évanouie. Les dîmes et les droits féodaux , si pernicieux en eux-mêmes, n'étaient pas exclusivement la proie de l'Église et des seigneurs; c'était aussi l'un des principaux revenus des hôpitaux, des collèges, etc. L'on n'a pu détruire ces établissemens , l'on n'a même pas pu les réformer encore, quelque grand et urgent qu'en soit le besoin.
Les représentans du peuple ont plusieurs fois décrété des fonds en remplacement pour le soutien de ces divers établissemens; mais il n'a pas été possible de les faire équivaloir aux précédens ; il faut les demander, il faut long-temps les attendre ; il faut ensuite en faire une répartition proportionnée aux besoins : la responsabilité du ministre exige des formes dont il ne peut s'écarter, et qui, malgré l'activité du zèle , entraînent des lenteurs. Il résulte de tout cela des
4l4 ÉCLAIR CISSEMENS HISTORIQUES
besoins pressans, des demandes réitérées de toutes parts, un travail péniblement suivi et souvent infructueux : enfin , cette partie est en souffrance ; et des détails plus circonstanciés prouveront que cela tient bien plus aux choses qu'aux personnes.
BOUTES , PONTS ET CHAUSSÉES , ATELIERS DE CHARITÉ , etc.
Je ne dissimulerai pas que cette partie a été mal organisée dans le principe ; on lui a donné un air de faste et de luxe ; mais les résultats ne correspondent point aux dépenses qu'ils occasionnent. C'est principalement pour cette partie, organisée par décret, que j'avais demandé, dans mon premier ministère , d'être autorisé aux changemens propres à établir plus d'ordre , de célérité et d'économie. Je renouvelai cette demande le jour même de ma rentrée; elle fut accordée surle-champ. Depuis ce moment, j'ai jeté les bases d'un grand travail sur cette partie. Tant d'autres objets encore plus urgens , me feront pardonner, sans doute , de n'avoir pour le présent que des vues et des projets sur cette partie de mon administration. En attendant , j'observerai que les routes sont généralement en mauvais état, et que celles des frontières sur lesquelles se portent nos armées , exigent les plus promptes réparations.
Si la Convention nationale , sans trop précipiter les loi> constitutionnelles , par lesquelles l'empire français doit être régi dorénavant, veut s'occuper incessamment du régime administratif du département de l'intérieur, je lui soumettrai , dans q uelque place que je me trouve , des vues que mes rapports avec les diverses branches de l'administration et les recherches d'une vie consacrée à l'étude et aux arts , m'ont mis à portée de concevoir.