‹ Mâemoires du marquis de Ferriáeres (volume 4)Chapitre 5 sur 32 · SECONDE DÉTENTION · texte numérisé non relu

SECONDE DÉTENTION

De Sainte-Pélagie , le 20 août.

Le vingt-quatrième jour de ma détention à l'Abbaye commençait de s'écouler ; l'espace de cette détention avait été rempli par l'étude et le travail; je l'avais principalement employé à écrire des notes, dont la rédaction devait se ressentir de l'excellente disposition d'esprit dans laquelle je me trouvais. L'insurrection du 5i mai, les attentats du 2 juin m'avaient pénétrée d'indignation ; mais j étais persuadée que les départemens ne les verraient pas d'un œil satisfait, et que leurs réclamations, soutenues des démarches nécessaires, feraient triompher la bonne cause. Peu m'importait, avec cet espoir , que dans l'instant d'une crise , ou par les excès de la tyrannie expirante, je tombasse victime de la haine particulière , ou de la rage de quelque forcené. Le succès de mes amis , le triomphe des vrais républicains me consolaient de tout à l'avance; j'aurais subi un jugement inique , ou succombé par quelque atrocité imprévue , avec

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