‹ Mâemoires du marquis de FerriáeresChapitre 127 sur 165 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

10 septembre 1793.

Ma mère n'avait pas plus de cinquante ans , lorsqu'elle me fut si cruellement ravie ; un abcès dans la tête , formé sans qu'on sût comment , et qu'on ne reconnut que par l'écoulement qui se fit à sa mort, par le nez et par les oreilles , expliqua l'enchifrenement étrange dont elle avait été si long-temps incommodée ; la seconde attaque de paralysie n'eût probablement pas été mortelle sans cet incident. Sa physionomie douce et fraîche n'avait point annoncé sa fin prématurée ; les indispositions paraissaient être celles d'un âge que les femmes passent rarement sans altération ; la mélancolie , même l'abattement que je lui trouvais depuis quelque temps, s'expliquaient à mes yeux par des causes morales qui ne m'étaient que trop sensibles.

Nos dernières promenades à la campagne avaient paru la ranimer ; le jour même qu'elle me fut enlevée , je l'avais laissée bien portante à trois heures après midi : je revins à cinq heures et demie , elle était frappée; à minuit, je ne l'avais plus. Faibles jouets que nous sommes de l'impitoyable destin ! pourquoi des sentimens si vifs et des projets si

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