AU PRINCE ÉVÊQUE DE ROME
« Des Français libres, des enfans des arts, dont le séjour à Rome y soutient et développe des goûts et des talens dont elle s'honore, subissent, par votre ordre , une injuste persécution. Enlevés à leurs travaux , d'une manière arbitraire, fermés dans une prison rigoureuse , indiqués au public et traités comme des coupables , sans qu'aucun tribunal ait annoncé leur crime, ou plutôt, lorsqu'on ne peut leur en
iÇ)S MÉMOIRES PARTICULIERS.
le secret même : mais il fat nécessairement moins parfait dans une situation qui n'était plus celle d'un particulier, et où l'œil d'un commis signale les écritures dont il fait des copies. Il n'y a pourtant de singulier dans tout cela que la rareté ; pourquoi une femme ne servirait-elle pas de secrétaire à son mari, sans qu'il en eût moins de mérite ? On sait bien que les ministres ne peuvent tout faire par eux-mêmes ; et certes ! si les femmes de ceux de l'ancien régime, ou même de tous ceux du nouveau, eussent été capables de faire des projets de lettres, de circulaires ou d'affiches, elles eussent mieux fait d'y employer leur temps , que de solliciter ou d'intriguer pour le tiers et le quart : l'un
reprocher d'autre que d'avoir laissé connaître leur respect pour les droits de l'humanité, leur amour pour une patrie qui les reconnaît, ils sont désignés comme des victimes que doivent bientôt immoler le despotisme et la superstition réunis. Déjà le ministre des affaires étrangères de la République a demandé l'élargissement de ces Français arbitrairement, détenus à Rome : aujourd'hui son Conseil exécutif les réclame au nom de la justice qu'ils n'ont point offensée, au nom des arts que vous avez intérêt d'accueillir et de protéger, ail nom de la raison qui s'indigne de cette persécution étrange , au nom d'une nation libre, fière et généreuse, qui dédaigne les conquêtes, il est vrai, mais qui veut faire respecter ses droits, qui est prête à se venger de quiconque ose les méconnaître, et qui n'a pas su les conquérir sur ses prêtres et ses rois pour les laisser outrager par qui que ce soit sur la terre
"Pontife de l'Église romaine, Prince encore d'un "État prêt