‹ Mâemoires du marquis de FerriáeresChapitre 158 sur 165 · G NOTICES HISTORIQUES SUR LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

G NOTICES HISTORIQUES SUR LA RÉVOLUTION

te nt à des mesures dans lesquelles ils se rendent utiles afin de se faire croire toujours nécessaires; et ils finissent par travailler à rendre suspects les hommes sages ou éclairés dont le mérite les effraie et dont ils ne pourraient soutenir la concurrence. La calomnie , d'abord grossièrement employée par eux , apprend , dans les humiliations qu'elle reçoit , à s'ériger en système ; elle devient un art profond, dans lequel eux seuls et leurs pareils peuvent réussir.

Sans doute beaucoup de gens de cette trempe s'étaient jetés dans le parti populaire contre la cour, prêts à servir celle-ci pour son argent , puis à la trahir si elle devenait plus faible. La cour affectait de croire tels tous ceux qui s'opposaient à ses vues , et se plaisait à les confondre sous le titre de factieux. Les vrais patriotes laissaient aller cette meute bruyante comme des chiens d'arrêt, et peut-être n'étaient pas fâchés de s'en servir comme d'enfans perdus qui se livrent à l'ennemi. Us ne calculaient pas , dans leur haine du despotisme , que s'il est permis , en politique , de laisser faire de bonnes choses par de méchantes gens, ou de profiter de leurs excès pour une fin utile , il est infiniment dangereux de leur attribuer l'honneur des unes ou de ne pas les punir des autres.

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